Les difficultés d'aujourd'hui sont nos forces de demain – EP52

Les épreuves de la vie ne sont pas des obstacles, mais des tremplins qui nous poussent à devenir la meilleure version de nous-mêmes.


Résumé de l'épisode :

Dans l'épisode récent de "Parentalité au Présent", nous avons eu le privilège d'entendre Sabrina, une mère courageuse qui a partagé son parcours de vie unique et inspirant. Sabrina a ouvert son cœur pour parler des défis qu'elle a rencontrés dans son rôle de mère, et de la façon dont ces expériences l'ont façonnée.

Un Voyage de Résilience et d'Amour :

Sabrina, mère de deux enfants adultes, a évoqué sa relation avec ses propres parents, marquée par des moments douloureux et une absence d'affection maternelle. Elle a partagé comment la perte de son père en 2017 et la séparation d'avec sa mère il y a 12 ans ont influencé sa vision de la parentalité.

Des Liens Familiaux Reconstruits :

Sabrina a décrit comment elle a cherché à être la mère qu'elle aurait souhaité avoir pour ses enfants. Elle a créé un lien profond et fusionnel avec eux, basé sur l'amour inconditionnel et le partage. Cette relation étroite se manifeste par une communication constante et un soutien mutuel, malgré les aléas de la vie.

L'Indépendance des Enfants et le Rôle de la Mère :

Elle a souligné comment elle a encouragé l'indépendance de ses enfants, tout en restant un pilier central dans leur vie. Sabrina a reflété sur l'importance d'être présente pour ses enfants, tout en respectant leur autonomie.

Le Défi de la Séparation :

Sabrina a également discuté des difficultés liées à sa séparation et de la manière dont elle a dû repenser les limites et les cadres familiaux. Elle a abordé le rôle crucial qu'elle a joué dans la stabilisation de la vie de ses enfants pendant cette période difficile.

Leçon de Vie :

L'épisode a mis en lumière la philosophie de vie de Sabrina, qui consiste à tirer le positif de chaque défi et à ne pas se complaire dans les difficultés. À 50 ans, Sabrina se sent épanouie et reconnaissante pour la vie qu'elle a construite et pour l'amour qu'elle partage avec ses enfants.

Conclusion :

L'histoire de Sabrina est un témoignage puissant de la force de la parentalité, de l'importance de l'authenticité dans les relations et de la capacité à transformer les obstacles en opportunités de croissance. Sa résilience et son amour inconditionnel pour ses enfants sont une source d'inspiration pour tous les parents qui cherchent à naviguer dans les complexités de la vie familiale.


“Un parent parfait, ça n’existe pas” c’est sur ce postulat que Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale et coach de vie à Martigny, construit “PARENTALITÉ au PRÉSENT”.

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Podcast proposé tous les dimanches matins à 7h (une semaine sur deux gratuitement), il bâtit un espace où les cœurs s’ouvrent, les chemins de vie se déroulent et la simplicité enveloppe à son écoute.

Au travers des histoires de chacun·e·s, les schémas longtemps restés logés dans l’inconscient sont mis en lumière, les défis de la vie accueillis avec curiosité et présence permettant de sortir des tabous familiaux.

Au fil des épisodes, les récits de chacun·e·s nous apprennent que nous sommes “assez” et nous inspirent à vivre et laisser vivre avec confiance.

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Sujets abordés durant cet épisode: parentalité, confiance en soi, résilience, développement personnel, témoignage, relation parent-enfant, famille recomposée, amour parental, indépendance, éducation, reconnaissance, force intérieure, épanouissement, gratitude, parcours de vie, parentalité au présent, communication familiale, soutien émotionnel, défis parentaux, récit de vie, expérience personnelle, bien-être familial, apprentissage de la vie, autonomie des enfants

Lire la transcription de l'épisode

[Texte généré automatiquement]

Mais prendre... Il faut prendre conscience qu'il faut avoir confiance en soi. Voilà, c'est ça. Mais des fois, ce n'est pas toujours facile. C'est vraiment les parcours de vie et les difficultés qui font qu' il faut tirer le positif de chaque chose difficile qui nous arrive dans la vie plutôt que de s'abattre et puis de se dire « Mais pourquoi ? Pourquoi ça m'arrive toujours ? » Se dire « Il m'est arrivé ça. Qu'est- ce que j'en tire comme conclusion ? » Et puis est- ce que je veux me complaire dans la chose difficile qui m'est arrivée ou bien est- ce que je me sors vulgairement les pouces du cul et puis je me bagarre pour avoir autre chose ? Aujourd'hui, j'ai 50 ans et je suis épanouie. Je suis heureuse de l'avenir que j'ai pu donner à mes enfants. Je suis heureuse de la vie que j'ai et de tout ce que j'ai autour de moi et je suis reconnaissante pour tout ça.

Bonjour, je suis Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale diplômée. Je suis passionnée par le lien relationnel. Je vous propose aujourd'hui, parentalité au présent, un recueil d'histoires plurielles pour une étape de vie singulière. Bonjour Sabrina.

Bonjour Janique.

Quel lien entretiens- tu aujourd'hui avec tes parents ?

Ouh là, oui, alors, grande question. Mon papa est décédé en 2017, donc de ce côté- là, il n'y a plus de lien physique, en tout cas. Et puis, ma maman, j'ai coupé les ponts avec elle, ça va faire 12 ans, je dirais, quand je me suis séparée de mon mari. On a essayé de raccourcir cher quelque chose une année après, mais ça n'a pas fonctionné. Puis, je n'ai plus du tout de lien avec elle. Donc, à quelque part, j'ai recréé les liens que je voulais avec mes parents avec mes enfants.

Ok, d'accord. C'est quoi alors ces liens que t'as.

Créés avec eux ? Dans le sens, j'ai essayé d'être pour mes enfants la maman que j'aurais voulu avoir.

Ils ont quel âge, tes enfants ?

Ma fille a maintenant 28 ans et mon fils 26.

C'est quoi ? Qu'est- ce que t'as créé avec eux ? Qu'est- ce que t'as fait que t'aurais aimé que tu n'as pas fait pas reçu. C'est ça que j'entends.

Il y a beaucoup de choses. Simplement, déjà, la chose la plus simple, élémentaire, je me suis toujours sentie mal aimée par mes parents, par ma mère. Je pense qu'au fond, j'ai toujours voulu avoir des enfants pour leur donner tout ce plein d'amour que j'avais pour partager avec mes enfants. Et on a un lien hyper fusionnel, tous les trois, qui est au- delà de tout, que je sais que beaucoup de personnes, quand ils nous voient, certains n'arrivent pas à comprendre et puis d'autres en vivent aussi. Parce que c'est vrai que malgré les années qui passent, malgré le fait qu'ils soient des adultes qui sont indépendants, on est toujours très, très attachés tous les trois.

Et ça se manifeste comment ?

Par rapport régulièrement des messages tout le temps. Mon fils aussi est beaucoup plus attaché à moi que ma fille. Pas dans le sens relationnel, parce que je pense que ce qui m'imprégne est très, très très fusionnelle aussi, mais elle, elle a moins besoin de contacts physiques. Alors, tandis que mon fils, lui, il a besoin de me voir régulièrement, tout le temps. On se voit, on s'envoie des messages tout le temps, on se téléphone tout le temps. Plusieurs fois par semaine, il passe me voir, ne serait- ce que pour un petit bisou, un petit café, mais tout le temps, tout le temps. Tout ce qui concerne leur vie, en tout cas, autant l'un que l'autre, je dois dire, je suis toujours la première à savoir. Maman, elle est toujours là pour demander pour... Un conseil. Exact.

Et en même temps, ce que tu dis, c'est qu'ils sont indépendants.

Oui, tous les deux. C'est vrai que j'ai beaucoup de chance pour ça parce qu'ils ont pris leur indépendance, mais on est toujours très... Prenant toujours conseil auprès de moi. Maman, c'est le pilier de la famille. On est quand même une famille recomposée parce qu'il y a un beau- père maintenant, mais ils aiment profondément aussi leurs beaux- pères, ils l'ont intégré comme partie prenante de la famille. On a une famille recomposée.

Oui. Et vous vous engueulez jamais ?

Rarement.

Mais ça arrive quand même ?

Ce n'est pas vraiment des engueulades. Je dois dire que si je fais le bilan de notre vie depuis toujours, même depuis la séparation, c'est clair que quand on s'est retrouvé... Parce que la séparation, ma fille est venue vivre avec moi et le garçon avec le père. Ok. C'était leur choix.

Ou c'était le choix des.

Parents de vous ? En fait, on leur a laissé choisir. On leur a laissé choisir ce qui est ce qu'il voulait faire, comment ils voulaient faire et tout. Ils étaient adolescents à ce moment- là, donc la fille avait 16 et le garçon 14. Moi, personnellement, j'aurais voulu garder le garçon parce qu'il était plus petit, il était encore à l'école, donc il avait besoin encore d'être suivi au niveau... Scolaire. Scolaire et tout, voilà, exactement. Mon ex- mari en étant... Je pensais que ma fille étant plus indépendante et tout, c'était peut- être mieux pour lui lui d'avoir la fille qui pouvait se débrouiller toute seule et puis le garçon qui avait encore besoin du support parental dans tout ce qui était au niveau scolaire. Mais en fin de compte, il y a eu une friction que je ne m'attendais pas à ce moment- là, parce que quand je leur ai laissé choisir, ma fille m'a dit « Puisqu'on peut choisir, alors moi, je préfère qu'on se sépare. » Parce que pour elle, son frère, ça lui pesait. À ce moment- là, ça lui pesait et puis elle voulait se retrouver toute seule. Je trouve qu'elle s'est rendue compte par la séparation que son frère lui manquait, qu'en fait, elle l'aimait plus que ce qu'elle pensait et qu'elle ne pouvait pas vivre sans lui.

C'est une chose qui a duré 15 mois. E n fin de compte, mon ex-mari a pris un autre chemin de vie. Il s'est mis en ménage avec une personne et il a laissé son fils de côté. Du coup, j'ai récupéré les enfants et c'est là qu'ils se sont rendu compte qu'ils avaient besoin de l'un de l'autre et que leur lien fraternel était plus fort que ce qu'ils pensaient et qu'ils ne pouvaient pas vivre l'un sans l'autre. Je j'ai récupéré les deux enfants à ce moment- là. Ça faisait 15 mois qu'on était séparés, ça je crois que je l'ai déjà dit. Et j'ai eu des ennuis de santé qui se sont accumulés les uns sur les autres à ce moment- là. Peut- être dû par la séparation. Il y a beaucoup de choses qui se sont accumulées. Puis c'est vrai que j'ai fait beaucoup de temps à l'hôpital à ce moment- là. Et ça a fait qu' on a été très soudés tous les trois à ce moment- là. C'est être senti investie aussi du rôle de l'homme de la famille, même étant le plus jeune. Physiquement, il est beaucoup plus grand que tous les deux, que ma fille et moi.

Et puis, peut- être que... Enfin, pas peut- être, sûr. En fait, il a endossé le rôle de l'homme de la famille. C'est lui qui est devenu le protecteur de sa sœur, de sa sœur et de sa maman. Et là, ça a créé quelque chose de très fort entre nous, du fait que la fraternité a dû aussi se renforcer, parce que maman, elle était souvent aux abonnés absents. Pas aux abonnés absents dans le sens moral, parce que c'est ça qui m'a tenue aussi, qui m'a aidée à me battre contre la maladie, puis à être là pour eux, parce qu'ils avaient personne d'autre. En fait, on s'est renforcées. On s'est renforcées, on a créé vraiment quelque chose de très fort tous les trois, contre l'adversité, je vais dire ça comme ça. Parce que le père, il a été aux abonnés absents directement. Dès qu'il a rencontré quelqu'un d'autre, il a lâché prise sur tout. Et puis il a divorcé de moi et également de son rôle de père.

Et du coup, aujourd'hui, les enfants n'ont plus de contacts avec leurs pairs ?

Très, très peu. C'est vraiment des contacts très parodiques. Et puis, ils se voient une maximum deux fois par année.

Ils.

Sont face à un inconnu. Il ne les a pas vu évoluer, ça s'est éclairé net. Toute leur vie, l'adolescence, tout leur goût, tout ce qui s'est passé depuis leurs 14-16 ans jusqu'à présent, ils en connaîtraient peu. Et eux ont dû apprendre à lâcher prise de ce côté- là de plus être en attente par rapport à...

À leur père.

Oui.

Quand tu dis « J'ai été mal aimée de ma mère », ça veut dire quoi ?

Je me suis jamais sentie... En fait, mes parents se sont mariés très jeunes. Ma mère, elle avait 17 ans, mon père 20. Et puis ils se sont mariés obligés parce que j'étais là. Alors, à quelque part, je pense qu'ils m'ont toujours fait peser un petit peu leur l'obligation. J'ai été leur première responsabilité et puis une responsabilité qu'ils n'ont pas forcément désirée. Et j'ai toujours sentie... Je me suis toujours sentie mal aimée de leur côté. Tu t'es.

Sentie toujours comme un poids, c'est ça ? Exactement. Ça se manifestait comment ?

Ma mère ne m'a jamais manifesté de tendresse, d'amour, d'affection. Les « Je t'aime chez moi », ça n'existait pas, donc c'est quelque chose que j'avais besoin. J'étais toujours en attente de besoins, de reconnaissance, d'amour, des choses qui ne se faisait pas. C'est vrai que j'ai grandi en étant toujours la petite fille en attente, en demande. Ça, je me suis toujours dit que quand j'aurai des enfants, je leur dirai toujours que je les aime, même si je les engueule, même si... C'était ça la question que tu m'avais posée, si on se disputait. Les seules disputes vraiment qu'il y a eu avec mes enfants, c'est quand j'ai récupéré de notre séparation, parce que lui avait dû apprendre à vivre sans moi quelque part pendant 15 mois. Et puis, tout à coup, qu'on revienne tous ensemble vivre, j'ai dû reposer des... Des cadres, des limites. Voilà, exactement. Reposer des limites et un cadre, ce qu'il a eu du mal à accepter au début.

C'est qu'il s'en faisait beaucoup de choses en.

Même temps. Exact, oui. Je pense qu'émotionnellement, pour lui, il se retrouvait de nouveau avec sa sœur, sa mère, alors qu'il était tout seul. Parce qu'en fait, comme Jérémie, ça faisait deux mois qu'il vivait carrément tout seul. Son papa était parti vivre avec sa nouvelle compagne. Et puis lui, ça faisait deux mois, il avait 15 ans, ça faisait deux mois qu'il était tout seul à la maison, qu'il se débrouillait tout seul pour ses repas, sa lessive et tout. Et puis ça s'est passé comme ça, c'est qu' un jour, il m'a téléphonée, puis il m'a dit « Maman, j'ai plus rien à manger. »je lui ai dit « Comment t'as plus rien à manger ? »j'ai dit « Papa, il a pas fait les courses. » Et Oui, c'est là qu'il m'a dit « Papa, ça fait deux mois qu'il n'est plus ici.

» Toi, tu ne le voyais pas le week- end ?

Tu n'avais pas... Oui, il venait chez moi quand il voulait comme il voulait. Non. Justement, je lui ai dit « Mais tu pensais me le dire quand ? » Et puis, il m'a dit « Mais tu es tellement malade, tu es toujours à l'hôpital. » Et là, je venais justement d'avoir une grosse intervention et tout. Il m'a dit « Je ne voulais pas te donner plus de soucis que ce que tu en as déjà. » C'est comme ça que j'ai su que le père était parti, qu'il l'avait laissé tout seul et qu' il se débrouillait tout seul, mon garçon. Alors, c'est là que j'ai dit « Bon, maintenant... » Moi, j'avais un petit appartement, donc je pouvais pas le garder dormir tout le temps. Mais j'ai dit « Il travaillait, il était en apprentissage, il finissait son apprentissage. Je lui disais « Tu viens à la maison, tu fais tes devoirs avec moi, tu manges avec moi, tu fais tout avec. Tu vas dormir chez toi parce que je pouvais pas faire autrement. On habitait à cinq minutes de route. Papa et maman étaient à cinq minutes de route, donc vraiment, c'était tout proche. Et puis là, j'ai fait tout le nécessaire pour qu'ils reviennent vivre avec nous.

C'était les grosses discussions avec mon ex- mari aussi pour le récupérer. Chose que j'ai faite à ce moment- là, c'est que je lui ai enlevé l'autorité parentale parce que je trouvais que...

Il avait dépassé des bords, il m'a...

Oui. Alors, il m'a dit « Je serai toujours leur père. » J'ai dit « Oui, tu es toujours leur géniteur, mais le comportement que tu as eu, ce n'est pas le comportement d'un père. »donc, je ne vois pas pourquoi on doit signer les choses et faire tout, moitié- moitié alors que tu n'en as rien à faire. Tu ne te comportes pas comme un père. Donc, tu me signes des papiers comme quoi tu abandonnes l'autorité parentale et puis, j'ai récupéré mes enfants entièrement. Je pense que ça aussi a fait qu'ils ont vu le comportement de leur père qui a fait que nous trois, on a été très solidaires. Mais les disputes qu'il y a eu à ce moment- là, c'était ça. C'était justement quand j'ai posé les gens qui a quelque part, étaient un petit peu tout seul et indépendant, se retrouver avec des limites qu'ils ne voulaient plus. Ça a été des grosses frictions, mais je n'ai pas basté. En fait, je n'ai pas basté parce que j'ai dit si je baste maintenant, puis que je ne repose pas ces limites, je ne récupère plus mon gamin. Donc oui.

C'était vraiment important que tu remettes un cadre.

Oui, parce qu'il était... Il remet.

Des.

Limites. Et puis, ce qui s'était passé, c'était... Il n'a pas... Il n'a pas Il m'a levé les mains sur moi. Il m'a secouée à un certain moment parce que, comme je t'ai dit, il était beaucoup plus grand que moi. Je ne sais plus exactement la dispute, pourquoi c'était, mais en fait, je lui ai imposé des limites qu'il n'a pas acceptées, puis qu'il ne voulait pas. Je l'ai mis dehors de la maison. Je lui ai dit qu'il rentrerait quand il s'excuserait, puis qu'il accepterait de vivre selon les normes imposées de... De la maison ?

Voilà.

J'espérais un soutien du père à ce moment- là, parce qu'en fait, il a été se réfugier chez son père. J'ai expliqué la situation et puis il m'a dit « C'est une dispute entre toi et lui. Moi, je ne veux pas me mêler. »je lui ai dit « Mais attends, à quelque part, c'est ton fils, c'est ton fils qui a mis les mains sur ton ex-femme, sur sa mère. J'ai dit « Tu dois pas accepter ce genre de choses. » Lui, il a pas voulu interférer. Il a dit « Non, c'est une dispute entre vous, je veux rien savoir. » Après, mon fils est rentré, il s'est excusé.

Depuis, ça s'est jamais reproduit ? Non.

Mais c'est vraiment la grosse dispute qu'il y a eu avec lui, c'était à ce moment- là. Et puis, avec ma fille, c'était au moment de la séparation. Elle voulait arrêter les études. Elle avait aussi une grosse remise en question. Elle a fait sa crise existentielle, sa crise d'adolescence, elle me l'a faite à 18 ans et non pas à 15. Elle voulait arrêter les études, elle voulait prendre une année sabbatique et tout. Et là aussi, je n'ai pas basté parce que j'ai dit que je faisais des gros sacrifices à ce moment- là pour payer les études, pour l'amener au bout de... De ce qu'elle avait choisi. De ce qu'elle s'était engagée à faire. Parce qu'on avait aussi une grande discussion en disant « Tu vas arriver à un certain moment où tes copines elles vont avoir l'indépendance financière, chose que toi, tu n'auras pas, parce que tu t'es quand même engagée à faire des études assez longues. Et puis, à ce moment- là, je ne pouvais pas me permettre non plus qu'elle arrête ses études et tout. Je n'ai pas basté, je suis contente de ne pas avoir basté non plus.

Elle est contente aujourd'hui ? Oui.

Elle a redoublé une année, parce que cette année- là a été difficile. E n fait, elle avait une année de Mathieu à faire. Elle n'a pas réussi aussi bien que ce qu'elle voulait. Pour elle, c'était un gros échec, mais elle est perfectionniste. Il a fallu qu'elle apprenne aussi à accepter ses échecs. Et maintenant, tout va bien. Tous les deux, ils ont vraiment une belle situation. Ils ont été au bout de leurs études, voire ils en ont continué par- dessus après les choses imposées obligatoires. Ils ont repris un petit bout d'études tous les deux qu'ils ont fait par eux- mêmes et puis qu'ils ont super bien réussi.

Oui, elle m'a tant mieux. Si on revient à ta maman, comment elle a pu te montrer, ta maman, qu'elle t'aimait ? Parce que j'ai entendu que tu n'as jamais dit « Je t'aime » ou elle manquait vraiment d'attention pour toi, de ce que tu dis. C'était de l'attention, c'est juste ?

C'était de l'attention, de l'affection. Parce que du côté de mes parents, j'ai toujours senti tout le temps des reproches. Tout ce que je faisais, ce n'était jamais assez bien. Même quand j'étais fière d'arriver à la maison avec, imaginons, un cinq en mathématiques qui était une branche terriblement compliquée pour moi. Au lieu d'avoir un « bravo, c'est bien », c'était plutôt « tu aurais pu faire mieux ». Ça a toujours été comme ça. Pour tout ce que je faisais, il n'y avait jamais de reconnaissance, ce n'était jamais assez bien. À certains moments aussi, j'ai fait un apprentissage. Après, je me suis mariée, j'ai été maman. Mon frère a continué les études, il a fait des hautes études et tout. J'avais l'impression que ce que mon frère faisait, c'était toujours mieux que ce que moi, j'avais. Je n'ai jamais reçu de reconnaissance de la part de ma mère. À un certain moment, j'en ai parlé avec mon père de par sa maladie, de par notre parcours de vie. Lui, en fait, s'est excusé. Il m'a dit « Je suis désolée si je n'ai pas montré ce que j'ai prouvé pour toi à ce moment- là. » Il m'a dit « Mais je suis fière de toi parce que tu es quand même arrivée là où j'aurais voulu que tu arrives.

Lui m'a quand même manifesté. Il m'a dit ce que j'avais envie d'entendre, ce que j'avais besoin d'entendre. Que de elle, c'est venu tout le temps des reproches et tout. Quand mon père est décédé, ça faisait sept ans que je n'avais plus eu de contact avec ma mère. Le décès de mon père a été quelque chose de très lourd parce qu' il a décidé de s'en aller. Il est parti avec excite.

C'est une association en Suisse qui permet aux gens de.

Décider- De s'en aller quand ils arrivent plus.

C'est pour les gens qui ont des maladies incurables, qui ont toutes leurs facultés, leurs discernements pour choisir de.

S'en aller. Exactement. Et puis, je l'ai accompagné jusqu'au bout de son parcours. Donc, c'était quelque chose de très, très lourd et très difficile. Je pensais que je n'arrivais pas à le faire. Donc, quand il a décidé de s'en aller, j'avais décidé de ne pas aller jusqu'au bout, de ne pas l'accompagner jusqu'au bout. Et mon frère également, il avait dit que lui, il ne pouvait pas y aller jusqu'au bout et tout. Et en fait, on ne voulait pas savoir la date qu'il avait choisie. Par hasard, on l'a su le vendredi pour le lundi. C'était vraiment parce que la mon papa était sous tutelle à ce moment- là, de par sa maladie, donc il était sous tutelle. Et puis la tutrice nous a téléphonés pour nous demander de signer les papiers comme quand on acceptait qu' elle s'occupe des dernières formalités après le décès de mon papa. Puis elle nous a dit « Parce que je pense que lundi, vous ne serez pas en état de signer ces papiers. » Donc du coup, on a su la date qu'il avait fixée. C'était un mal pour un bien parce que tous les les deux, en ayant cette échéance, on s'est rendu compte qu'en fait, il fallait qu'on aille avec lui jusqu'au bout, qu'on ne pouvait pas le laisser partir sans...

Sans être accompagnée e.

C'est dur de voir que ton père se suicide parce qu'il faut dire ce qu'il en est. C'est un suicide assisté, mais ça reste un suicide. On a décidé tous les deux d'aller jusqu'au bout. Mon frère, par contre, a quitté la chambre avant que mon père s'en aille. Quand il s'est endormi, il est parti. Moi, je suis restée vraiment jusqu'à ce qu'il nous ait quittés totalement. C'est quelque chose qui est assez dur.

Qu'est- ce qui est dur ? Qu'est- ce qui rend plus difficile à ce moment- là ? Si tu penses qu' on enlève le geste qui a fait qu'il est parti, tu serais restée aussi jusqu'à ce que ça t'est déjà arrivé d'assister au départ à quelqu'un ou pas ?

Non, pas jusqu'au... Oui, mais je n'étais pas présente dans la pièce où c'est arrivé. Il y avait une personne qui était malade âgée, qui était malade dans la pièce d'à côté. Puis, le jour où j'étais en visite chez eux, cette personne est partie. Mais là, avec mon père, ce qui a été très, très difficile à accepter, c'est sa volonté de s'en aller. C'est sa volonté de nous quitter, de ne pas se battre pour rester avec nous. Il était jeune, il n'avait pas 67 ans, donc c'est quand même quelque chose de difficile. Après, c'est clair qu'en y réfléchissant, il avait une maladie psychologique, psychostomatique, donc ce n'était pas une maladie physique. Et c'est ça qui est certainement plus difficile à accepter que quand on a une maladie physique, on sait pertinemment que la fin, c'est ça. Tandis que quand c'est une maladie psychologique, à quelque part, tu te dis pourquoi ils ne luttent pas pour s'en sortir ? Puisqu'il pourrait continuer à avoir des belles années avec nous et tout. Mais on n'est pas dans la tête des gens. Ça rejoint tous les gens qui sont dépressifs, qui sont suicidaires. C'est un peu ça. On n'est pas dans leur tête, on ne sait pas ce qui se passe.

Et pour eux, je pense que c'est un combat, c'est difficile. Et ça faisait quand même 17 ans qu'il était dans les institutions et tout. Chose que ma fille a eu du mal à accepter.

Le départ de son grand- père, tu dis ?

Oui, parce que ce qui a été très compliqué pour ma fille à accepter quand mon papa est décédé, elle a dit « Nono, il nous a abandonnés. » Puis j'ai dit « Il nous a pas abandonnés. Il nous a fait un cadeau parce qu'il sait qu'il n'arrivait pas et que c'était un poids pour nous. » Mais c'est vrai que c'est difficile d'accepter ça. Se dire qu' il décide de s'en aller parce qu'il nous libère du fardeau de son existence, dans le sens qu'il sait qu'il n'arrivait pas à s'en sortir et puis que ça devenait un poids pour nous de le voir aussi dans cet état. C'est ça qui est difficile d'accepter que ton papa, qui a encore bien des années devant lui, qui est encore jeune, décide de s'en aller, non pas pour une maladie physique qui va l'amener à la mort, mais parce que psychologiquement, il n'arrive plus à supporter son état. C'est ça qui est difficile.

Ça a fait des vagues.

Émotionnellement, c'est quelque chose d'être très lourd.

Encore maintenant ou bien ?

Quand j'en parle, ça réveille quand même beaucoup de choses. Je comprends, je l'ai accepté, j'ai pardonné, j'ai tout … Je suis en paix avec ça, avec lui. Et à quelque part, son départ s'est fait dans la joie parce qu' il était heureux qu'on soit là. Alors ça, on a vu vraiment sur lui qu' il nous a remercié d'ailleurs d'être là. Mais lui aussi, c'est quelqu'un qui a jamais été capable de nous dire « Je t'aime. » Et quand on était là, le temps que l'accompagnatrice d' Exit prépare sa solution et tout ça, on était là, puis on discutait, puis on rigolait. En fait, on rigolait en se remémorant tous des vieux souvenirs, des choses rigolotes et tout. Il est parti dans la joie de voir qu'il y avait ses enfants avec lui, que ses enfants avaient accepté son départ. Et puis, il était heureux qu'on soit là. Puis on est parti sur des bons souvenirs, en fait. Et il est parti serein, avec un beau souvenir, avec le sourire. C'était ça notre cadeau. Et à ce moment- là, quand il est parti, même à ce moment- là, quand il a dit « Je vous aime.

» C'est quand même un peu... - « Bien.

Il a rajouté. Et ça, c'est quelque chose... Il a dit « Je vous aime », bien. Il a rajouté quelques secondes après le « bien » parce que c'était trop fort pour lui de dire « Je vous aime ». Ça a allégé le « Je vous aime » vraiment comme on l'entend, comme on voudrait l'avoir. Mais bon, autant mon frère que moi, on a compris de toute façon que c'était vraiment le « Je vous aime » qu'un papa pourrait dire à ses enfants.

Et toi, tu es fière de ton parcours.

De vie ?

Oui, très fière. Qu'est- ce que ça t'a amenée d'avoir des parents, les parents que tu as eus ? Qu'est- ce que tu peux dire que ça t'a amenée aujourd'hui ?

Probablement, justement, à être la personne que je suis.

Tout ton parcours, là, tu dis « Ça donne la femme que je suis aujourd'hui », mais elle est comment cette femme aujourd'hui ?

C'est une femme forte qui n'a pas reproduit ce qu'elle a subi, mais qui a cassé la chaîne pour pouvoir justement donner tout l'amour qu'elle avait à l' intérieur, autant à ses enfants, à ses amis, à sa famille. Je suis quelqu'un qui donne beaucoup, inconditionnellement, c'est- à- dire que je n'attends pas des chevaux marteaux, que je donne pour le plaisir de faire plaisir.

Merci Sabrina.

Merci à toi, Janique.

Comment tu te sens Sabrina ?

Je me sens bien. Je me sens bien de parler de moi parce qu'en fait, c'est vrai qu'on ne se met jamais assez en avant. On ne prend pas conscience. En fait, c'est ça. On ne prend pas confiance. On ne prend pas conscience de notre parcours de vie et de ce qu'on est devenu et de ce qu'on est.

Oui, mais c'est intéressant parce que tu fais un lapsus entre.

Confiance et confiance. Tout à fait. Et du coup... Je pense que les deux sont liés.

Et là, le fait de te décrire, de te livrer, ça te donne confiance.

C'est ça ? Et je pense que je me rends compte que pendant des années, je n'ai pas eu confiance en moi. Et de prendre confiance en soi, ça nous aide à nous épanouir. Des fois, je me dis quand je réfléchis et puis je me dis, « En fin de compte, je suis quelqu'un de bien. J'ai bien réussi. Je suis arrivée là où je voulais arriver. » Des fois, je me dis « Mais t'es gonflée de dire tout ça, de penser ça de toi. » Après, je me dis « Non. » J'ai lutté pour être là où je suis.

Et puis en même temps, tu risques de génial dans ce que t'es en train de dire, c'est que t'as toujours voulu que tes parents reconnaissent qui tu étais.

J'ai pas eu la reconnaissance que je voulais du côté de ma mère et je sais que je ne l'aurai jamais. Mais ce n'est pas grave parce que je l'ai eu du côté de mes enfants qui me le disent.

Mais ce qu'il y a de plus important, finalement, c'est ce que tu es en train de nous dire là maintenant, c'est que- Que moi.

Je suis la maman et la personne que je voulais être et je suis fière de ce que je suis.

Finalement, comme par rapport à ce que tu nous racontes pour ta fille, c'est.

La même chose. Tout à fait. C'est la même chose.

Finalement, peu importe la reconnaissance de l'autre, le plus important, c'est qu'on soit reconnaissant de nous- mêmes.

Vers nous- mêmes. Exactement. Quand on s'aime, c'est ça. Il faut s'aimer pour ce qu'on est. Et puis, quand on s'aime, on est capable de faire beaucoup de choses. Mais ce n'est pas évident quand on a vécu tout ce temps en s'entendant toujours dire « Tu n'es pas assez bien. Tu n'es pas ci, tu n'es pas ça. » D'aller au- delà et puis de se dire « Mais ce n'est pas vrai. Je ne suis pas comme...

» C'est quoi le cadeau ? C'est quoi le cadeau finalement ?

C'est de s'épanouir dans la vie et puis de se dire « Mais je mérite ce que.

J'ai aujourd'hui. » Et puis c'est de se dire que je suis capable, en fait.

Même que tu n'as pas entendu. Je me suis rendue compte que j'étais capable de faire des tas de choses.

Donc du coup, on revient à la confiance.

Mais prendre... Il faut prendre conscience qu'il faut avoir confiance en soi. Voilà, c'est ça. Mais des fois, ce n'est pas toujours facile. C'est vraiment les parcours de vie et les difficultés qui font qu' il faut tirer le positif de chaque chose difficile qui nous arrive dans la vie plutôt que de s'abattre et puis de se dire « Mais pourquoi ? Pourquoi ça m'arrive toujours ? » Se dire « Il m'est arrivé ça. Qu'est- ce que j'en tire comme conclusion ? Est- ce que je veux me complaire dans la chose difficile qui m'est arrivée ou bien est-ce que je me sors vulgairement les pouces du cul et puis je me bagarre pour avoir autre chose ? » Aujourd'hui, j'ai 50 ans et je suis épanouie. Je suis heureuse de l'avenir que j'ai pu donner à mes enfants. J'ai une... Je suis heureuse de la vie que j'ai et de tout ce que j'ai autour de moi et je suis reconnaissante pour tout ça.

C'est magnifique ce que tu es en train de dire. Sèr, tu as vraiment fait de tous ces événements une force.

Peut- être qu'aujourd'hui, tu me donnes aussi l'opportunité de partager tout ça avec d'autres personnes qui peuvent éventuellement se retrouver aussi dans tout ce que j'ai vécu.

Merci, Jeannique, pour tout ce qu'il y a. En fait, le message, c'est vraiment croyez en vous, continuez d'avancer, appuyez- vous sur les difficultés comme sur des marches d'escalier pour avancer toujours plus haut.

Ce n'est pas la fin du monde, ce qui nous arrive. Alors que moi, je suis tout le temps à avoir le verre à moitié plein. Je me dis, on vit au jour le jour parce qu'on ne sait pas de quoi demain est fait. Alors, il faut profiter de chaque moment. Et puis, les difficultés d'aujourd'hui sont probablement, voire certainement nos victoires de demain, nos.

Forces de demain.

Oui.

Merci.

Merci à toi.

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