Éveillons notre force intérieure et transformons notre dynamique familiale en explorant la transmission générationnelle, l'affirmation de soi et la maîtrise de votre vie.


“Un parent parfait, ça n’existe pas” c’est sur ce postulat que Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale et coach de vie à Martigny, construit “PARENTALITÉ au PRÉSENT”.

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Podcast proposé tous les dimanches matins à 7h (une semaine sur deux gratuitement), il bâtit un espace où les cœurs s’ouvrent, les chemins de vie se déroulent et la simplicité enveloppe à son écoute.

Au travers des histoires de chacun·e·s, les schémas longtemps restés logés dans l’inconscient sont mis en lumière, les défis de la vie accueillis avec curiosité et présence permettant de sortir des tabous familiaux.

Au fil des épisodes, les récits de chacun·e·s nous apprennent que nous sommes “assez” et nous inspirent à vivre et laisser vivre avec confiance.

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Sujets abordés durant cet épisode: loyauté de l'enfant pour les parents, éviter les conflits, remise en question, transmission générationnelle des peurs, des angoisses, des comportements, se sortir d'un enferment, intrusion des parents dans la vie la fille, envoyer bouler les parents, dynamique familliale, chamanisme, généalogie, se recentrer, c'est ma vie, je suis maître de ma vie, s'affirmer,

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[Texte généré automatiquement]


C'est très sécure et très insécure. Du coup, je suis toujours dans la position de la petite fille.


Parce que qu'est ce qui te demande de rester dans cette position ? Oui, tu disais dans leur manière d'être oui oui.


Oui oui.


Ça c'est clair. Il y a aucune remise en question de leur part là dedans et demanderais même que mes enfants aillent cette position avec eux.


Et là, ça passe plutôt bien.


Non parce que les enfants, ils sont un peu plus rebelles que les petits enfants, mais c'est vraiment un pour moi. C'est honore ton père et ta mère.


C'est une notion de loyauté, c'est ça une.


Loyauté très forte et malsaine. Je vais le dire.


Oui.


C'est vraiment. Donc c'est difficile si je trouve que c'est un peu difficile à porter tout ça.


Bonjour.


Je suis Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale diplômée. Je suis passionnée par le lien relationnel. Je vous propose aujourd'hui Parentalité au Présent, un recueil d'histoires plurielles pour une étape de vie singulière. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Madeleine. Bonjour Madeleine, Bonjour. Quel lien entretiens tu avec tes parents ? Ah ! Madeleine est surprise et s'attendait pas à cette question.


Alors un lien avec mes parents ? Un lien particulier fait de hauts et de bas. Et puis avec l'âge, il y a des nuances qui s'installent, mais c'est quand même un lien très fort et. Comme on peut dire irremplaçable. On va dire ça comme ça.


Donc tu me dis que ça a un lien qui est particulier avec des hauts et des bas. Que ce lien est fort et qu'il est irremplaçable. C'est quoi cette particularité ? Tu veux nous en dire plus ?


La particularité, je dirais que c'est c'est. Quoi qu'il en soit, ça restera mes parents. C'est des exemples avec des bons côtés, des mauvais côtés. Et puis ça c'est en tout cas avec mon papa. C'est très fusionnel, à trop peut être. Et puis avec ma maman c'est plutôt tendu on va dire. Après c'est la particularité des des relations mère fille peut être. Et puis peut être aussi que le fait que je sois née là. A une date proche, mon père a créé aussi un autre lien et que je suis la seule fille dans la famille. Il y a beaucoup de petits éléments comme ça qui viennent se greffer dessus. Je dirais que c'est particulier parce que c'est une famille assez protectrice et c'est difficile d'y prendre sa place en fait.


Ça veut dire quoi ça ? Difficile de prendre ta place. Très protectrice et en même temps difficile. C'est qui est c'est quoi la famille pour toi là ?


La famille du côté de ses parents ?


C'est qui la famille ? C'Ă©tait parents. Tu sais qui veut. C'est dit.


Euh.


Une famille très protectrice. Tu parles de qui ? Qui est protecteur dans cette famille ?


Je dirais les deux, mais. Protecteur dans le sens plus tôt, alors qu'ils veulent le bien de leurs enfants. Bien sûr que ça des parents, mais à l'extrême dans le sens où c'est enfermant.


Oh.


C'est très enfermant. J'ai un certain âge et je suis toujours la petite fille.


Tu as quel âge en faite ?


Je vais avoir 50 ans. Donc voilà, il y a comme une sorte d'autorité ou de mise sous cloche. Les parents qui doivent surtout l'obéissance et le respect. Et honore ton père et ta mère à tout prix, même contre. Contre toi même, on va dire.


LĂ , toujours maintenant.


Oui, oui.


Toujours un peu moins, mais c'est difficile de sortir, de casser les schémas. Il y a tout de suite de la culpabilité, il y a tout de suite la rancœur, il y a tout de suite.


VoilĂ .


Ce n'est pas la relation familiale, ce n'est pas la petite maison dans la prairie. On va dire. Et j'essaie beaucoup de comprendre les dynamiques, les pourquoi, comment les. Les. Je ne veux pas dire les responsabilités de chacun, mais la part de chacun. Parce que voilà, une relation, ça a deux bouts. Donc qu'est ce qui se joue ? Voilà, j'aime beaucoup voir ça aussi d'une manière plus globale. Par rapport à leur vie, à leur vécu, à leur espoir, à leurs rêves et tout ce qui est. Il leur appartient ce qui m'appartient à moi. Voilà, c'est très très cher, c'est très complexe. Plus je vais en inventer, plus je vois des nuances, plus il y a des ponts qui se révèlent. Mais j'ai encore pas tout cerné.


Et du coup, ça apporte quoi de voir ses pensées nuances ?


Ça permet de me resituer et puis de voir que finalement des parents c'est des êtres humains et puis que c'est vrai, quand on est petit, on pense que les parents ils savent tout, qu'ils sont bien dans leur peau, qu'ils n'ont pas d'angoisses, qu'ils n'ont pas de peur qu'ils ont et en fait pas du tout quoi. Je vois que mes parents, ils ont toujours leurs problématiques d'enfant, d'enfant, je veux dire d'enfants et d'adolescents, et puis ils ont caché ça de différentes manières et maintenant je suis en train de voir est ce que j'ai pris de ces peurs ou de ces de ces choses non résolues, on va dire, ces choses qui se transmettent. J'aime beaucoup la transmission, alors je préfère la transmission positive ou donner la liberté. Enfin voilà des choses constructives dans l'éducation. Mais je trouve aussi important de voir ce qui se transmet à l'insu des. Des comportements.


Oui. Donc du coup, toi t'as fait quoi comme prise de conscience par rapport à ces comportements qui sont transmis à ton insu ? Si j'entends bien, c'est ça.


J'ai compris qu'il y a beaucoup de choses.


Qui.


Que j'ai prises, qu'il n'est pas de moi. Je m'en suis pas encore totalement libéré, mais petit à petit, ça, ça c'est clair. J'ai compris par exemple que j'ai été prise de conscience très récente que moi qui pensais que mon papa était le roi du monde, le héros est bien fait de moi, beaucoup d'angoisses viennent de lui et non pas de toi, ta maman. Maman, c'est vraiment les schémas inversés.


D'ailleurs très.


Intéressant.


Qu'est ce qui t'a fait prendre conscience de ça ? Tu dis que c'est tout récent.


C'est tout récent. Je Parce que je fais un travail en parallèle avec une femme chamane. Et on fait des disques. C'est super intéressant selon la vision de l'Indien avec le cercle, les cercles de vie, etc. Et puis il y en a un, il y a tout un cheminement, ça dure une année et il y a ce qu'on pense avec la tête. Et puis il y a ce qu'on peut ressentir. Et puis à chaque chaque étape, elle met en place des. Des sortes de méditation, des visualisations où on va voir ce qu'il y a derrière. Et puis là, je me suis aperçu que le monde de mon père était pas aussi beau que ce que je pensais. Mais par contre, le monde de ma mère était beaucoup plus calme et fleuri. Donc c'était vraiment les schémas inverses dans la chambre. Voilà, j'adore voir ça et pire, je sais pas, ça fait un petit peu de place, ça permet de comprendre des choses, des événements, des positions.


Des tas mieux.


Compris.


Ce qui a pu se passer ou t'as pu relier à des événements que tu as vécu, ou ça a pu mettre de la lumière sur certaines certaines.


Situations. C'est aussi de voir que tout n'est pas tout blanc ou tout noir pis.


Que.


Voilà, il faut faire la part des choses, puis ça remonte. Perspectives certaines dynamiques, certaines relations, etc. Après, je m'intéresse beaucoup au vécu de mes parents, je suis en train de faire la généalogie, je me sors encore hier tous les ancêtres et et c'est super intéressant de quoi ça remue des choses mais ça permet de comprendre d'autres choses. Pis c'est une demande.


De mon papa.


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C'est une demande indirecte. Ça fait des années qu'il cherche parce qu'il était placé en orphelinat. Fallait partir. Donc il y a beaucoup de choses qui s'expliquent comme ça. Et puis il a écrit ses mémoires, mais à la demande de ses petits enfants et de sa fille. Et maintenant je dois taper son texte. Et il explique beaucoup son enfance, ses parents. Ou plutôt, il n'a pas tellement connu ses parents, ses grands parents, ses arrières grands parents. Donc pour moi, ça montre une génération dont il y a tout un pan de vie. Il a laissé ça, il a voulu faire ça pour.


VoilĂ , pour.


Transmettre, pour qu'on connaisse les choses. Et puis du coup, j'étais un petit peu plus loin. Et puis je suis en train d'apprendre certaines choses. Mais finalement je sais pas. Je sais pas vraiment pourquoi je. Je fais ça. C'est pour comprendre le passé et. Je sais qu'à un moment donné, il y aura quelque chose qui se passera, mais je ne sais pas quoi. Il y a un truc que je dois savoir que.


Attends une libération, c'est ça ?


Oui.


Comment tu sauras le jour.


OĂą tu.


As pu te libérer ?


La Madeleine libérée, elle pensera à elle avant de penser aux autres. Ça sera ça.


Ce sera à ça que tu vas quand tu sauras que tu t'es sorti d'un. Dans quoi tu mettrais quoi comme mot ? T'as quoi comme image qui vient quand tu te parles de ça.


De toi ? Un enfermement, d'un manque de liberté d'être ? Parce que il ne faut pas dire il faut pas faire pour pas faire. Faut anticiper plutôt les besoins et les possibles interprétations de chaque mot, chaque comportement pour ne pas faire de la peine éventuellement. Ou même c'est impossible à vivre en fait. C'est juste de se recentrer et de dire voilà, c'est ma vie, c'est moi qui décide, je suis maître de moi. De ma vie. Et si ça vous plait pas, tant pis. Ouais, plutôt que de faire l'inverse en disant je fais pas ça parce que.


Ça risque de faire des vagues, ça va pas plaire à papa, ça ne va pas plaire à maman, c'est ça ?


Oui bon, j'ai même plus douze ans, mais voilà, c'est éviter les conflits, c'est avoir des comportements ou des attitudes, ou même des paroles qui sont à chaque fois mesurés pour éviter un possible conflit ou. Plutôt euh. Comment dire. Des bouderies pour pas dire un autre mot.


Mais ça, ça serait quoi ? Tu peux nous en dire plus ? Ça serait quoi ? Sur quel sujet par exemple ?


Hein ? Ce sont ceux au quotidien, ce dont je ne cesse pas de sortir et de simplement de sortir ou de partir en vacances sans avertir toute la famille que je pars en vacances ? Oui.


VoilĂ .


Il y a comme comme ça une surveillance un peut être très intrusive. Voilà, je pense que c'est ça le problème principal que moi je ressens à cette intrusion constante.


Toi, tu as des frères et sœurs ?


Oui, j'en ai plusieurs, oui.


Et puis du coup avec avec tes frères et sœurs c'est pareil. Ou bien ils en pas même.


Ils ont un peu ce même rapport, mais c'est des garçons et ils ont coupé assez vite et ils ont plus de franchise dans leur parole.


Et ça veut dire qu'ils osent. Ils ont s'affirmer, ils osent dire et puis ils s'en fichent de comment s'est pris en face ça exactement. Ils ont envoyé bouler un peu. Je dis ça parce que ce que toi tu t'oses pas.


Faire, non non non, j'ose pas faire. Et ils ont pris très vite de la distance. Après c'est vrai que c'est les garçons.


Mais pour toi les filles et les garçons, ça pour les filles ça devrait être plus difficile. Tu penses envoyer bouler les parents ? C'est une question de genre, tu penses ?


L'ancienne génération et la nouvelle. Je pense qu'ils ont aucun problème à envoyer bouler les les parents comme comme tu dis un.


Je.


Je sais pas, parce que je pense que c'est une dynamique qui s'est mise en place. Seule fille avec plusieurs frères. Il y a des rôles bien définis pour les filles. Ils ont le droit de faire des choses, mais même si ce n'est pas dit comme ça, mais inconsciemment, c'est ça. Et puis les garçons, eux, peuvent plus ou moins vivre leur vie et la fille doit être là pour les parents, pour ceci, pour cela. Donc quand on est dans ce schéma là, après c'est difficile, difficile d'en sortir.


Oui.


Et toi, tu étais l'aînée ou bien tu n'es pas un ange ?


Non, je suis la deuxième.


Oui.


La deuxième et mon père m'a toujours dit mais toi, tu t'es construite toute seule.


Ça veut dire quoi ?


Ça veut dire qu'ils ne sont pas vraiment occupé de moi dans le sens où j'avais un grand frère et j'ai eu tout de suite un petit frère. Pis j'étais très indépendante et très en faire qu'à ma tête depuis toute petite. Donc je me suis élevé toute seule.


C'est intéressant ce que tu dis, parce que quand on en entend parler jusqu'à maintenant, on a l'impression que tu n'as jamais bougé, osé bouger un oeil. Et puis en fait, lorsque t'es en train de dire c'est que tu en as fait qu'à ta tête.


Oui, mais toujours en ménageant la chèvre et le chou est une gentille fille. Je suis la gentille comme il faut, mais j'en pensais pas moins et il fallait voir le regard des parents, la reconnaissance à tout prix.


Mais oh !


Rien. C'est ces deux côtés à côté, très rebelles mais toujours quand même très structurés. Pas jamais. Me mettre en danger, mais aller jusqu'au bout.


De ce que tu as décidé, de ce que.


J'ai décidé. Et puis d'un côté, faut savoir aussi.


Garder le contact, le liant quand mĂŞme plus ou moins intact avec les parents. Ce qui veut dire que tu caches ou bien tu fais comment ?


Je souffre simplement.


Tu souffres parce que tu ne peux pas partager ce que tu aimerais partager avec. Tu te sens pas comprise. Tu sais quoi ? Cette souffrance.


Cette souffrance, c'est de dire c'est toujours ma ma croyance. On est bien d'accord, c'est que pour être aimé de mes parents, il faut faire comme ils veulent. Donc c'est vraiment toujours ça en action. C'est pas. Et puis j'en ai fait des choses un peu. Des choses incroyables. Mais il y a jamais de reconnaissance au bout.


Oui.


Donc c'est ça ma souffrance. Donc maintenant, j'ai arrêté. Ça me sert à ça de grandir. Et puis je me suis dit que les combats, c'était terminé. Je n'avais plus rien à prouver, ni à mes parents, ni à Epic. Je vivais en tant que Madeleine. Donc on verra ça, c'est vraiment. Assez récent quoi.


Hmmm.


Parce que tout ce que j'ai fait, j'ai jamais eu de reconnaissance. Ou alors un petit bravo ! Mais pas de soutien, pas de jamais.


Tu t'attendais Ă  avoir quel soutien de leur part que tu n'as pas.


Eu.


Un soutien inconditionnel. Mais quelque part, il est là. Mais c'est des mes parents, ils expriment rien ou très peu à la personne concernée. Donc à la petite Madeleine. Par contre, ils vont être très fiers. En dehors.


Ils parlent de toi.


Je sais qu'ils parlent de moi et je trouve vraiment que ce que c'est une lacune parce que depuis toute petite.


Je.


Cherchais ça. Oui et j'ai jamais vraiment eu quoi ?


Oui mais en quoi tes parents Ă©tant soutenus quand mĂŞme ?


Ils m'ont soutenu, ou je dirais plutôt en ayant un cadre assez rigide à ne pas dépasser. Et puis bon, au quotidien, c'est vrai que par exemple, si je dois, je sais que mon papa il sera toujours là. Oui, je peux l'appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.


Tu as besoin d'aide, Il sera lĂ .


Dans les trois minutes. Il est lĂ , mais il pose pas de question.


Oui.


Il dit J'arrive.


Oui.


En quoi ? C'est en quoi c'est. C'est une chance d'avoir eu ce soutien lĂ . Pour toi.


Celle ci a un sentiment de sécurité de quoiqu'il arrive et en même temps c'est très insécure parce que du coup. Bah ça me fait dépendre un peu de lui. Je dis un peu n'importe quoi, mais parce qu'en fait de tout ce qui ressort de. De ce que j'ai vécu jusqu'à maintenant, ma plus grande souffrance, c'est à l'insécurité. La peur de l'abandon. Quand j'étais petite, j'avais peur d'être abandonnée. Je ne voulais pas grandir. Donc voilà, c'est tout. Des comportements si on veut, qui sont visibles. Mais je dirais que dessous il y a il y a quelque chose qui est très insécure. Donc malgré le fait que par exemple, il soit là tout le temps. Ça compte pas cette sécurité de base qui aurait dû peut être y avoir il y a très longtemps. Je sais pas si c'est les théories, mais il y a quand même ce truc qui est pas stable, qui est pas. Construit on va dire.


Donc du coup, tu es condamné à mourir. Instable, Insécure ?


Non ?


Non. Mais c'est intéressant de voir que la sécurité de je dirais de mon père par par son histoire, laisser de la combler en étant présent physiquement. Mais il n'y a pas eu les mots, il n'y a pas eu des gestes. Oui, une fois je t'aime, je crois. Jamais dans les bras tout de suite. C'est une marque concrète, je dirais. Après un petit billet, on est là, on pense à toi. Mais c'est pas vraiment un investissement. J'allais dire. Cœur et âme. C'est pas vrai parce que. Mais c'est difficile de le ressentir. On sent qu'il y a quelque chose de sous qui est trop, qui est trop et pas au bon endroit. C'est dur ce que je dis pour un papa.


Ouais, attends, j'ai besoin de comprendre. Quand tu dis il y a quelque chose en dessous qui est trop et pas au bon endroit. Ça veut dire cette présence ? Euh. Je crois que suis en train de faire les liens de ce que tu es en train de raconter. Donc t'es en train de dire, c'est que cette présence, Madeleine, elle te sécurise dans un sens, mais c'est très insécurisant parce que c'est trop.


Et qu'il manque la base. De dire mais j'ai l'impression que mes parents me connaissent pas. C'est terrible à dire ça.


T'as l'impression.


Des stéréotypes ?


Qu'est ce qui te fait dire ça ?


Parce que je n'ai pas l'impression qu'il se soit vraiment intéressé à moi, mais à mes émotions, à mes sentiments. Quand je traverse des difficultés, il ne faut surtout pas trop en parler parce que comme eux, ils ne peuvent pas affronter ça. J'ai compris, c'est trop lourd pour eux.


Finalement, ils ont pas cette intelligence émotionnelle que toi t'aimerais qu'ils aient. C'est ça ?


Oui, c'est trop douloureux. Ils n'arrivent pas à affronter quoi. Ils préfèrent voir ça de loin et pas s'en mêler. Et puis si tout d'un coup, ça ne va pas vite. Être là n'est pas partager ou comprendre. Ou ils ont pas cette empathie on va dire. Après ça se comprend parce que c'est des parents d'une autre génération, je veux dire de simplement être là pour écouter. Oui, sans vouloir sauver la planète et sauver. Voilà, c'est peut être ça que j'aurai besoin et non pas. Voilà. Rester seul dans son coin avec des gros ou des gros clash ou des choses comme ça en disant bon et de toute façon si je leur en parle, ils vont en remettre une couche, donc je vais être encore plus mal qu'après.


C'est pas quand tu dis remettre une couche, c'est quoi ?


Certains choix que j'ai fait ou ont toujours pas compris et que.


Que du coup ils vont remettre en question ses choix. Et venir te dire mais si tu avais fait différemment.


Il a voulu, tu l'as cherché, tu culpabilises. J'ai jamais compris de.


Culpabilité.


Et donc du coup ça m'enfonce encore plus. Donc voilà. Après c'est facile d'être là pour aller faire des commissions si j'ai besoin d'un oui.


Tu vois un peu lĂ .


Oui j'entends bien ce que tu dis.


Et puis ce que je voulais dire avant par rapport à l'insécurité, c'est que par ma vie de mon papa, je vois très bien combien il est insécure quand il était petit et pas de famille. Enfin il a pas pu créer des liens et cetera, donc je pense qu'il a surinvesti la famille, en tout cas sa fille Madeleine. Parle de part des choses, je ne veux pas dire futiles, parce que c'est important de savoir qu'il y a un papa qui est là.


C'était dans le matériel, c'est ça, plus dans le matériel. C'est pour toi. C'est ça la phrase. La futilité, c'est ça. En fait, il n'était plus à combler ou à te donner ce dont tu avais besoin au niveau matériel.


Ou pas financier, mais à être, à être présent mais présent sans être présent. C'est pour ça que je dis j'ai pas l'impression qui me connaissent vraiment. Qui ?


Est ce que. Est ce que tu as l'impression que lui se connaît.


DĂ©jĂ  lui mĂŞme ?


Non.


Est ce que, à ton avis, est ce que c'est possible de se connaître, de connaître l'autre si on se connaît déjà pas soi même ?


Non.


Non, c'est clair que non. Et justement, c'est moi qui ? C'est moi qui fais un travail ? C'est moi qui qui as besoin de comprendre et de cerner, donc je ne peux pas exiger de lui. Ce qui est le travail qu'il n'a pas pu faire. Donc je vois ce qui a été fait et ce qui n'a pas été fait. Et je ne peux pas reprocher à quelqu'un d'avant les yeux bleus.


Alors qu'il est.


Noir ou le contraire. Donc je vois tout ça, ça et ça, ça permet de comprendre des choses. Et après qu'est ce que je fais avec tout ça maintenant que j'ai compris ?


Est ce que tu vois quand même qui t'a aimé ? Oui, parce qu'il est toujours là. Il t'aime et te soutient dans la mesure de ses capacités. Ça tu le vois ou pas ?


Oui, oui, oui, bien sûr.


Et si ton papa il était paraplégique, est ce que tu lui en voudrais qu'il puisse pas venir à ta rencontre en marchant ?


Non, pas du tout. Oui, ce que.


Je dis, on peut pas. Donc ouais.


Qu'est ce que tu en penses ?


Ben j'en pense qu'il faut simplement prendre les gens comme ils sont. Prendre le bon et puis remercier pour ça. Et puis après c'est chacun son chemin.


Oui donc.


Et qu'est ce que ça t'apporte d'avoir été accompagné de la sorte aujourd'hui que ça t'apporte ?


Je sais pas parce que comme je l'ai dit, c'est très sécure et très insécure. Du coup, je suis toujours dans la position de la petite fille.


Parce que qu'est ce qui te demande de rester dans cette position ? Oui, tu disais dans leur manière d'être oui oui.


Oui, oui.


Ça c'est clair. Y a aucune remise en question de leur part.


LĂ .


Dedans et demanderais mĂŞme que mes enfants aillent cette position avec eux.


Et là, ça passe plutôt bien.


Non parce que les enfants, ils sont un peu plus rebelles que les petits enfants, mais c'est vraiment pour moi. C'est honore ton père et ta mère quoi.


C'est une notion de loyauté, c'est ça une.


Loyauté très forte et malsaine, Je vais le dire.


Oui.


C'est vraiment.


Hum.


Donc c'est difficile si je trouve que c'est un peu difficile à porter tout ça et à vivre.


Là, tu disais que tu avais fait des prises de conscience et que ça bouge. Est ce que ça s'allège quand même un petit peu ? Est ce que. Ou pas encore vraiment.


C'est. Disons que je suis au début du processus. Moi je fonctionne comme ça quand je dois faire le tour d'une problématique de quelque chose, vraiment faire le tour.


Est ce qu'on aurait une fois fait le tour.


Mais d'aller vraiment jusqu'au fond, jusqu'au fond, jusqu'au fond ? Et puis après, les choses se dénouent d'elles mêmes. Donc ce n'est pas par des prises de position tout d'un coup. En ce sens, je vais faire autrement. La prochaine fois, je dis ça, c'est pas du tout comme ça, c'est vraiment quand c'est intégré. Quand j'ai vraiment vu, compris, il y a quelque chose qui est ski qui s'allume et puis après ça se dénoue automatiquement. Donc je pense qu'après ça sera simplement ça passera par mon comportement, par mes paroles qui ne seront pas ici ou qui seront pas attaquantes ou blessantes, mais ça se fera naturellement.


Hum.


Je dirais que je dirai ça comme ça. Ça bouge un petit peu, mais ça c'est au début. Hum.


Ça te laisse quand même, ça te donne quand même beaucoup d'espoir pour que ça puisse changer en fait. Ou bien pas forcément.


Oui bon, je ne suis pas à but absolu dans la vie, mais c'est juste de me repositionner, de me permettre à moi même de me repositionner, de prendre en main même en disant maintenant ça suffit les intrusions constantes et puis.


C'est.


Moi qui décide. Non, je ne vais pas leur dire comme ça en face, mais. C'est un couple qui a toujours fonctionné en mettant ses enfants, leurs enfants comme auparavant à leurs problèmes, en les mettant au milieu, en les impliquant.


En leur.


Disant qu'on est un peu tous cabossés. Et puis comme tu dis, malgré tout, il y a cette loyauté très forte donc c'est difficile de sortir. Sans faire trop de dégâts à ce niveau, ça presse des gens, puis par maison, on commence à être âgé, donc je ne voudrais pas non plus faire resurgir des gros. Les grosses prises de conscience à plus de 80 ans, ça risque d'être trop douloureux.


Hmmm.


Après ça ne m'appartient pas. Mais voilà, c'est pas que je cassé à tout prix, mais j'aimerais que ça soit plus. Que j'ai de.


L'espace. VoilĂ .


Moi j'ai vraiment l'impression dans ce que j'ai pu vivre aussi. Quand on fait un travail sur soi, on travaille vraiment en profondeur. Automatiquement notre position par rapport Ă  l'autre change.


Et.


Automatiquement notre vibration change. Donc on va, on va plus. En fait, il y a beaucoup de choses qui se passent tout seul dans le dans le positionnement avec l'autre. Ça se fait tout seul du moment qu'il y en a un des deux qui fait un travail. Alors quand les deux font un travail, c'est encore mieux, mais quand un des deux fait un travail, ben c'est clair que euh, il y a vraiment quelque chose qui peut se passer dans la relation à l'autre. Et en tout cas, quand on arrive à trouver en soi à faire la paix déjà de notre côté par rapport à ce qui est. Parce que la seule chose qu'on puisse changer.


De notre côté.


C'est nous et notre pouvoir. En fait, il est de travailler sur nous. Donc quand on prend, quand on se prend en main, quand on commence à travailler et à aller, comme tu disais, j'ai des croyances, il y a vraiment des choses qui sont un peu verrouillées comme ça. Y a des histoires aussi qu'on se raconte depuis tellement longtemps que c'est tellement bien rodé, huilé et c'est comme boulonné en fait. Mon père ne m'aime pas. Ok, euh puis après si tu grattes un petit peu, bah tu vas voir qui t'as aimé. Mais il t'aime à sa manière. Je t'aime de la manière dont il est capable de t'aimer. Et comme je disais avant, un paraplégique qui peut pas marcher. Euh ben il y a des personnes qui sont pas capables d'exprimer des émotions, des sentiments parce qu'il leur manque. Il leur manque aussi leur manque, la faculté de pouvoir le faire. Et oui, en tout cas, c'est vraiment ce que je te souhaite, c'est que tu arrives à trouver la paix et surtout que tu arrives à voir toutes les forces que aujourd'hui ça peut te donner.


Parce que finalement, si tu avais été accompagnée par d'autres parents, est ce que tu serais la madeleine que tu es aujourd'hui ?


Non, certainement pas. C'est vrai que le portrait que j'ai dressé de mes parents n'est pas très reluisant. Mais. Mais ils sont là, ici. Après, c'est peut être pas ce que j'aurais dans l'idéal rêvé, mais. Voilà. Je veux dire, je les vois tous les jours de nouveau. C'est toujours le.


Style, les voir tous les.


Jours.


Ils sont très.


Présents, mais peut être trop et peut être trop. Voilà peut être ce que j'ai pas dit assez juste, c'est qu'ils ont pas de vie propre, donc ils vivent à travers leurs enfants avec.


Les.


Autres. Donc voilà. Et ça j'ai très bien compris, je ne leur en veux pas du tout, mais de temps en temps, un peu de respiration ou.


De ça ferait du.


Bien. VoilĂ .


Oui mais non, je n'aurais pas voulu d'autre d'autres parents, je ne me serais pas construite de la même manière, je n'aurais pas fait de combat, je n'aurais pas fait ma révolte ou etc.


Ça t'amener à quoi cette révolte, ces combats et ce que ça t'apporte aujourd'hui d'avoir vécu tout ce que tu as vécu ?


Eh bien justement, je me suis dit que maintenant je n'avais plus rien Ă  prouver Ă  personne. Oui.


Donc. Mais en d'autres termes, en positif, ça t'a apporté quoi en fait ? T'arrives à mettre un.


Peu plus de confiance. C'est encore pas tout à fait ça, mais en positif ça veut dire. Finalement. Moi, Madeleine, j'aurais pas aimé être autrement que ce que je suis et c'est grâce à tout ça que j'ai pu exprimer.


Pas par.


Des combats. C'était toujours oui et. Survivre ou ne pas laisser mourir cette part rebelle. Ne pas baisser la tête, aller jusqu'au bout des choses. Et puis. Et puis à un moment donné, je pense que j'ai fait un petit peu le tour. J'ai plus de de faire des grands combats, je sais qui je suis. Et c'est aussi grâce à eux. Reste à consolider et à incarner ces belles paroles. Mais comme, comme tu as dit avant, je pense que quand les choses comme ça, comme j'ai dit avant, quand c'est mûr, ça se dénoue. On a dit autrement, on peut parler de vibration. Oui, c'est exactement le même jeu, le même schéma. Donc je sais que je que.


VoilĂ .


Que je suis là dedans actuellement. Je suis partie prenante de ces relations, des dynamiques relationnelles qu'il y a entre moi et les autres. Et puis c'est à moi de me positionner, de me réajuster pour que pour que je sois moi au mieux.


Enfin au mieux.


En accord avec moi même. Et après.


VoilĂ .


Le reste ça se passe, ça se fait tout.


Seul Ă  pas.


DĂ©truire les murs Ă  coups de marteau.


Donc voilĂ  ce que.


Ça m'a amené, c'est ça, c'est de me dire bon, ça suffit maintenant, tout va bien. Et vive la vie !


Merci madame Petit. Parentalité au Présent est un espace où la parole se libère et les cœurs s'ouvrent. Rendez vous sur Parentalité au Présent com et retrouvez vous dans un des nombreux épisodes disponibles. Restez en lien en rejoignant les Abonnés contributeurs et participer aux discussions mensuelles où nous échangeons autour des divers thèmes abordés avec mes invités. Merci pour votre écoute. Je me réjouis de vous retrouver la semaine prochaine.