Chaque cicatrice de la maternité cache une histoire, un combat, une victoire. Ophélie en est le vivant témoignage.


Résumé de l'épisode:

La maternité, un voyage qui peut être à la fois gratifiant et éprouvant. Ophélie, mère de deux filles âgées de 8 et 2 ans, nous raconte son parcours semé d'embûches.

Ophélie a connu une première grossesse qui s'est relativement bien déroulée, mais son deuxième enfant est venu avec des défis imprévus. Elle a dû subir une césarienne d'urgence, une expérience qu'elle décrit comme étant comme "être coupée en deux". La douleur et la difficulté qui ont suivi ont été bien plus intenses qu'elle ne l'avait imaginé.

Le chemin vers la maternité a été particulièrement ardu pour Ophélie. Entre les deux naissances, elle a fait face à trois fausses couches en une année. Malheureusement, ces pertes n'ont pas été prises au sérieux par certains professionnels de santé, qui ont minimisé ses souffrances et attribué ses douleurs à des problèmes psychologiques. Heureusement, un nouveau médecin a finalement diagnostiqué un problème physique résultant de sa première césarienne mal vécue.

La suite du récit d'Ophélie montre le manque d'accompagnement et d'écoute après la naissance de son deuxième enfant. Elle a ressenti une douleur physique intense pendant des mois, rendant son quotidien difficile. Pourtant, elle a souvent entendu des commentaires bien intentionnés mais peu compréhensifs de la part de son entourage, qui pensait qu'elle devrait être heureuse simplement parce qu'elle avait eu un bébé en bonne santé.

L'histoire d'Ophélie soulève des questions essentielles sur le soutien médical et social que les mères reçoivent après la naissance. Elle met en évidence le besoin de prolonger le suivi médical et d'offrir une prise en charge adaptée aux mères qui souffrent, physiquement ou mentalement, après l'accouchement. Ophélie insiste sur l'importance de demander de l'aide lorsque cela est nécessaire, de ne pas hésiter à partager ses difficultés et de ne pas se sentir coupable de ne pas correspondre à l'image idéalisée de la maternité.

Ce témoignage poignant nous rappelle que la maternité est un voyage complexe, où chaque femme a sa propre expérience, et qu'il est crucial d'offrir un soutien et une écoute bienveillants à celles qui en ont besoin.


“Un parent parfait, ça n’existe pas” c’est sur ce postulat que Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale et coach de vie à Martigny, construit “PARENTALITÉ au PRÉSENT”.

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Podcast proposé tous les dimanches matins à 7h (une semaine sur deux gratuitement), il bâtit un espace où les cœurs s’ouvrent, les chemins de vie se déroulent et la simplicité enveloppe à son écoute.

Au travers des histoires de chacun·e·s, les schémas longtemps restés logés dans l’inconscient sont mis en lumière, les défis de la vie accueillis avec curiosité et présence permettant de sortir des tabous familiaux.

Au fil des épisodes, les récits de chacun·e·s nous apprennent que nous sommes “assez” et nous inspirent à vivre et laisser vivre avec confiance.

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Sujets abordés durant cet épisode: la maternité, césarienne, 3 fausses-couches dues à une mauvaise cicatrisation suite à la césarienne, douleurs suite à l'accouchement, impression d'être battue, retour à la maison difficile, miracle d'avoir ce bébé, deuil, souffrances, douleur physique, suivi avec la sage-femme, besoin d'aide après l'accouchement, impression d'être coupée en deux, manque de compréhension, manque de suivi après la naissance, se sentir diminuée, besoin d'être écoutée, travail en réseau autour de la maternité, couple, femme qui subit les examens durant la maternité, tabou autours de la fausse-couche, amitié, accupuncture, ostéopathie, opération utérus, morphine, sage-femme, suivi infirmière pédiatrique, stop à l'allaitement, soutien du mari, de sa soeur, bouger, physiothérapie, communication, humanité, pleurer et rire entre amis, soutien,

Lire la transcription de l'épisode

[Texte généré automatiquement]


Est-ce qu'on entend toujours ce que ça peut faire mal ? J'espère qu'il y a beaucoup de femmes qui m'écouteront parce que ça fait mal d'entendre d'une maman quand on te dit « T'as pas à coucher parce que t'as une césarienne.


» Alors.


Je souhaite à personne d'une césarienne, on te coupe en deux. Moi, la deuxième césarienne, j'ai vraiment vécu ça comme ça. La première, ça a été très bien. Tout s'est très bien passé. J'ai très bien vécu. C'est encore moi qui l'ai demandé parce que ça venait long. Mais la deuxième césarienne, j'ai pas eu le choix. Et puis ça s'est très mal passé. Puis voilà, on a cette impression d'être coupée en deux.


Carrément coupée en deux, c'est fort le.


Terme que tu utilises. Oui, oui. On est coupée en deux. Puis voilà, puis voilà, les gens, ils me disent « Mais t'as pas à coucher ? » Oui, mais les douleurs, elles sont toutes autres aussi.


Bonjour, je suis Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale diplômée. Je suis passionnée par le lien relationnel. Je vous propose aujourd'hui, Parentalité au présent, un recueil d'histoires plurielles pour une étape de vie singulière. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Ophélie.


Bonjour Ophélie. Bonjour Jeannick.


Dans un épisode précédent, Ophélie nous racontait la relation qu'elle a eu avec ses parents, qu'elle a encore aujourd'hui avec sa maman. Aujourd'hui, Ophélie va nous parler de la maternité. Tu as des enfants ?


Oui, j'ai deux filles de 8 et deux ans. La maternité, ça a été un long chemin pour moi parce que j'ai eu ma première fille avec de la facilité, on va dire. Puis après, ça a été un chemin du combattant pour avoir ma deuxième fille. Il y a quand même six ans d'écorce entre les deux. Ce n'est pas pour rien parce que j'ai fait trois fausses couches en une année. Au début, mon esprit un peu scientifique, du médical, comprenait ce qui arrivait. Mais au bout de la troisième fausse couche, ça a été difficile parce que déjà physiquement, quand on est une femme, les hormones et tout ça. Et puis parce qu'on ne m'a pas écoutée. J'essaie de dire au médecin, mais ce n'est pas possible trois fausses couches en une année. Il faut m'entendre là. Puis je disais à mon médecin, il y a quelque chose dans mon ventre. Je montrais mon ventre en disant, il y a quelque chose qui ne va pas. Depuis cette césarienne, depuis cette première césarienne, il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne fonctionne pas. Et puis on me disait, mais c'est dans votre tête, vous lâchez prise.


» Après, j'ai changé de médecin parce que mon médecin est parti à la retraite. J'ai eu un autre médecin qui m'a écoutée et qui m'a dit « Non, ça va pas. On va aller faire des examens complémentaires. » Et puis là, on a trouvé quelque chose au niveau de l'utérus pendant la première césarienne qui s'est pas très bien passée. La cicatrisation s'est mal passée, ça a fait un pli au niveau de la paroi utérine. Et puis c'est pour ça que ça a déclenché ces fausses couches. L'œuf, il ne pouvait pas survivre dans ce milieu- là. Il ne pouvait pas grandir. Moi, je me suis sentie soulagée que ce n'était pas que dans ma tête, surtout que je n'ai pas pris à la légère. J'ai été voir des gens, j'ai été parler de ça. J'ai été soignée par l'acupuncture, par l'ostéopathie pour essayer que mon corps soit prêt à accueillir un bébé, à accueillir la vie. En acupuncture, il y a un point qui dit à le point de la vie. J'ai été opérée de l'utérus et puis après, un peu moins d'une année après l'opération, j'ai eu la chance d'avoir- Une grossesse. D'avoir une grossesse qui s'est bien passée.


Un accouchement par césarienne à cause de mes antécédents. Un accouchement qui a été difficile physiquement, ça a été deux heures et demie de césarienne. Et puis après, ça a été difficile pour moi physiquement. C'est vrai que...


Qu'est-ce qui s'est passé physiquement pour toi après cet accouchement ?


J'avais beaucoup de douleur, énormément de douleur. Et puis déjà, la première nuit, parce que j'ai un caractère assez fort, j'ai pas voulu prendre la morphine. Je me rappelle, je mordais les barrières de mon lit. Les médecins, ils ont dit « Maintenant, ça suffit, on va piquer pour soulager. »j'avais l'impression que j'accouchais par le dos. J'avais tellement mal au dos. Comme j'ai dit à beaucoup de gens qui m'ont masté, j'avais l'impression qu'on m'avait battue. J'avais l'impression qu'on m'avait battue à coups de pieds dans le ventre, dans le dos. J'avais vraiment cette impression que mon corps avait été- Meurtrie à l'extrême. Oui. J'ai quand même eu de la chance à l'hôpital d'être entourée de deux sages- femmes qui m'ont coquelée, qui ont été là. Et puis, voilà. Mais après, c'est la rentrée à la maison, c'est difficile. Ce qui a été le plus difficile, c'est que le chemin que j'ai parcouru pour avoir ma petite, on te dit « Mais tu dois être contente, t'as eu le plus beau cadeau de la vie ». Bien sûr, je étais heureuse. Pour moi et mon mari, ça a été...


Un.


Miracle. Un miracle. Pour toute ma famille. Et puis en plus...


Ça te met encore de.


L'émotion aujourd'hui. Oui, c'est de l'émotion parce que quand j'ai perdu ma grand-maman maternelle, je lui ai susurré avant de partir « Bon, maintenant que t'es partie au ciel, tu peux m'emmener... Amène-moi quelqu'un, tu sais très bien ». Et puis le jour de son anniversaire, j'ai appris que j'étais enceinte. Alors oui, ça a été le temps d'émotion aussi, une grossesse vécue dans l'émotion, dans le deuil aussi. Alors, j'étais heureuse alors que les gens te disent ça. Mais moi, je souffre. Mon corps, il souffre.


Tu leur disais aux gens ?


Je disais, mais oui, je suis heureuse, mais ça n'empêche pas que j'ai mal, que j'ai vécu pendant plusieurs mois dans la douleur physique. Et puis, il y a l'impression qu'on ne comprend pas. Parce que quand on devient maman, on s'occupe bien de toi quand t'es enceinte, t'as des cours de sage- femme. Moi, j'ai suivi des cours, j'ai fait les cours à la piscine. J'ai une sage- femme qui était super. Mais voilà, on prend soin de toi quand t'es enceinte. Puis après, c'est plus difficile. Après, on s'occupe du bébé, c'est ça ? Voilà, on s'occupe du bébé. Alors, j'ai quand même été bien entourée. J'ai une sage- femme qui a été à l'écoute, qui a vu que je souffrais. Elle a vu que tu souffrais ? Elle m'a dit « Il faut peut- être voir des gens pour que tu sois bien. » J'ai été tout de suite voir une ostéopathe, j'ai tout de suite été me faire masser. Mais ça n'enlève pas toutes les douleurs.


Aujourd'hui, deux ans après, t'as encore des douleurs ?


Ouais, le dos, ça a été difficile. J'ai dû faire beaucoup de rééducation du dos, rééducation du périnée. Je ne suis pas une maman que je n'ai pas pu porter les porte- bébé, ça n'a pas été pour moi parce que ce n'était pas possible. Ça me faisait beaucoup trop mal. Alors, je faisais comme je pouvais. L'allaitement, c'était douloureux aussi parce que l'allaitement, ça tire sur les muscles et tout. Pourtant, j'ai tenu six semaines l'allaitement de la deuxième, mais après, j'ai arrêté, parce que physiquement, c'était ce qui était le plus possible.


La sage- femme, tu disais, tu avais été bien suivie pendant la grossesse. Finalement, tu as quand même eu la visite de la sage- femme quelque temps après la naissance, mais c'était trop court ou ce n'était pas assez ? Tu aurais aimé quoi à ce moment- là ?


Je ne me suis pas rendue compte parce qu'on a un petit bébé, donc on est occupé, ça passe vite, les nuits sont courtes. Mais c'est vrai que j'aurais aimé qu'elle me dise « Il faut vraiment que t'ailles faire la physio ». Elle m'a dit, je pense qu'elle m'a dit la connaissance. C'est vrai qu'à ce moment- là, j'aurais aussi aimé l'apport de ma famille, de comprendre que j'étais quand même mal, physiquement, que c'était dur, qu'il y a ma sœur qui m'a compris parce que ma sœur m'a vu que je n'arrivais pas à monter les escaliers.


Elle avait déjà eu des enfants.


Oui, mais même des autres mamans. Quand même, maintenant, oui.


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Et puis, il y a aussi ce qu'on entend toujours, ce que ça peut faire mal. J'espère qu'il y a beaucoup de femmes qui m'écouteront parce que ça fait mal d'entendre d'une maman quand on te dit « Tu n'as pas à coucher parce que tu as une césarienne.


»alors, je souhaite à personne d'une césarienne, on te coupe en deux. Moi, la deuxième césarienne, j'ai vraiment vécu ça comme ça. La première, ça a été très bien. Tout ce qu'il y a eu, ça s'est très bien passé. J'ai très bien vécu, c'est encore moi qui l'ai demandé parce que ça venait long. Mais la deuxième césarienne, voilà, je n'ai pas eu le choix et puis ça s'est très mal passé. Puis voilà, on a cette impression d'être coupée en deux.


Carrément coupée en deux, c'est fort le terme.


Que tu utilises. Oui, oui, oui. C'est vraiment fort. Coupée en deux. Puis voilà, puis les gens, ils me disent « Oh mais t'as pas à coucher ». Oui, mais les douleurs, elles sont toutes autres aussi. J'en ai pas souffert pendant dix heures à pousser ou avoir des contractions, j'admets, mais après, moi, j'ai vécu quatre ou cinq mois dans la douleur. Dans la douleur avec un bébé, avec deux enfants à la maison. Et puis peu de compréhension autour de nous pour nous dire que Manon, t'es pas la première. Oui.


Est-ce que toi, années avant ?


Oui, à ce côté-là, il faut quand même avancer.


T'aurais aimé quoi à ce moment-là ? T'aurais aimé quitter ?


J'aurais aimé être peut- être plus longtemps suivie aussi par la sage- femme. Et puis aussi, pas le gynéco. Quand tu vas au bout de six semaines, tu vas... Ça va, oui, ça va. À part que j'ai mal partout, puis que physiquement, je suis plus rien. Oui, mais ça va passer.


Et.


Puis c'est moi qui dois demander la physio, c'est moi qui dois venir en avant avec des choses. J'ai pas l'impression qu' à ce moment- là, on est moins entouré, moins comprise, on va dire. C'est plutôt à nous à mettre en place des choses. Et puis que le suivi devrait être fait plus longtemps aussi.


Le suivi par la sage- femme, tu dis ? Ou par la gynéco ?


Oui, la gynéco, il ne m'a revue qu'une fois.


À six semaines, justement.


Voilà, classée. Après, la chance que j'ai eue, c'est que dans notre région, on a une infirmière pour les nourrissants. C'est un amour de femme qui est très à l'écoute. Je pense, c'est un peu grâce à elle que j'ai aussi arrêté la allaitement où elle m'a dit « non, stop ». Elle, elle a vraiment vu ma détresse. Elle m'a entendue et elle a compris que physiquement, c'était difficile. Mais c'est vrai que...


Elle n'a pas pu te soutenir ? Elle a dit stop à l'allaitement, mais finalement.


Elle ne t'a pas tenue ? Oui, elle a essayé, elle m'a appelée, elle m'a eu appelée, elle m'a appelée. Elle m'a appelée, puis j'allais une fois par mois chez elle. Puis elle prenait toujours un peu plus de temps avec moi quand elle prenait rendez- vous. Pour que tu puisses parler. Au début, c'était difficile.


Avec ton bébé, tu dis ?


Non, avec le bébé, ça allait. C'était plus... On se sent comme une personne âgée. On se sent amoyennée, on n'a plus nos capacités physiques. On est comme toutes les autres mamans, il n'y a plus beaucoup de sommeil, il y a la fatigue et tout.


Tu as demandé de l'aide à ce moment- là à ton entourage ou pas ?


Mon mari, il m'a beaucoup entourée. Il a beaucoup été là parce qu'il a vu. Il a vu au quotidien que c'était difficile. Il se levait la nuit pour bercer le bébé quand ça ne allait pas parce que moi, je n'y arrivais plus. Il y a ma sœur qui m'a entourée. Mais après, ça a été surtout de comprendre que j'avais tout le temps mal, même après quatre ou cinq mois. Je me disais « Mais maintenant, tu devrais... » C'est ça devrait aller quand même. Oui, mais...


Les gens pensaient que t' exagérais. Oui.


Et puis, des fois, quand je croise des gens qui vivent dans la douleur d'autres maladies, je comprends pas. Tous les jours, avoir mal, moralement, c'est ça difficile.


Et à ce moment- là, t'aurais eu besoin de quoi en plus que t'as pas eu ? Alors j'entends qu'on te comprenne.


Qu'on entend.


Peut- être qu'on te suive plus au niveau médical aussi.


Oui, puis j'aurais eu peut- être... Même au niveau physio, la physio, j'ai fait la rééducation du périnée. Mais voilà, c'est très physique. Et puis on ne nous écoute pas forcément. On vit à l'heure, oui, mais il y a d'autres douleurs. Et puis on a envie de parler de pourquoi on a mal, puis d'aller voir autre chose aussi que le périnée. Là, c'était ça a été une séance un peu boclée. Et puis on ne nous écoute pas forcément. Ou de nous diriger peut- être. On n'a pas toutes les cartes en main pour aller mieux. Pourtant, j'ai fait de la musculation, j'ai continué mes séances de fitness, je vais marcher, je bouge, mais ça empêche. Les exercices à la maison, mais voilà. Mais pas ça, ça vient de nous. Vous êtes pas forcément... Je trouve qu'après la grossesse, les médecins, je crois qu'en France, c'est obligatoire, la rééducation du PNN, la physio après, c'est automatique, tandis que chez nous, il faut demander. Il faut tout demander. Ça vient pas forcément de l'autre en face, de se dire « Peut-être qu'à ce moment-là, on a autre chose à penser que ça. » Oui. Puis là, c'est vrai qu'on est pas...


Même la sage- femme, ouais. Peut-être dire « Maintenant, il faut que tu prennes du temps, il faut que tu fasses ci ou dire ci vers les bonnes personnes. » Les gens qui sont peut-être spécialisés ou qui connaissent aussi le post-partum.


Tu es en train de parler de travailler en réseau, en fait. Oui. Que ça serait vraiment bien d'avoir plus de travail en réseau autour de la maternité. Oui. Que de la maternité, j'entendais que tu avais fait des fausses couches. Tu as vécu comment tes fausses couches, toi ?


Au début, ça a été spécial parce que ma première fausse couche, je n'avais pas mes menstruations. Donc au début, ça a été un soulagement de me dire que la machine, elle marchait. Alors j'ai pris ça comme un signe du destin en disant « Prends-le comme ça », parce que c'est bien, c'est positif, ça veut dire que ça fonctionne et que la vie, elle est là.


Tu peux porter la.


Vie en tout cas. Il y a eu une deuxième fausse couche où là, il y a eu beaucoup d'interrogations. « Pourquoi ? », « Ça fait deux », « Ça allait bien, j'étais bien réglée. Ça allait très bien, j'étais en bonne forme ». Et puis quelques mois après, une troisième. Là, ça a été dur.


Là, en plus, on nous dit « C'est dans la tête, c'est dans la tête. On nous dit presque que c'est de ta faute. Pas de ta faute, mais il faut lâcher prise, il faut la tête. Mais on pense pas qu'à ça. On vit. J'avais une fille avant, donc... Moi, j'ai pas été écoutée par le médecin aussi. Après, elle est partie à la retraite, là, peut-être. Elle avait peut-être plus envie.


C'était à combien de semaines ? À ta troisième fausse couche où t'as dit que c'était plus dur ?


C'était la même chose que les autres, mais je pense pas que c'était la troisième. C'était au tout début, c'est ça ? Oui, parce qu'aussi, il y avait des gens autour de moi qui m'annonçaient qu'ils étaient enceintes, c'était difficile à gérer.


Côté émotionnel, mais là, je pense pas que c'était la troisième. Là, mon cerveau, il a tilté qu' il y avait un souci. Il y avait pas le souci que dans ma tête. Il y avait aussi le souci dans mon corps, que c'était physique, ce n'était pas...


Ce que tu es en train de dire, c'est que tu n'as jamais été vraiment entendue et accompagnée lorsque tu as fait des fausses couches ? C'était un petit peu...


Non, je n'ai pas été accompagnée. Non, parce que, entre guillemets, oui, dans tout ce malheur, j'ai eu la chance de ne pas passer au bloc opératoire, puis d'avoir un cure-tôche. Donc ça s'est fait naturellement. Mais je n'ai pas eu de suivi, que ça soit psychologique. Peut- être aussi, moi, je donnais le change en disant que... Tout allait bien. Oui, que ça allait, mais la troisième, ça a été dur. La troisième, j'ai su dire que... Mon mari m'a accompagnée parce que c'est aussi une histoire de couple. Au bout d'un moment, ça vient.


Ça t'a fait du bien qu'il t'accompagne ?


Mon mari, oui. Il a toujours su m'accompagner là- dedans. Et puis, c'est lui aussi qui a su dire « Mais tiens, mais ce n'est pas possible. Il faut nous écouter. On a toujours après été suivis ensemble. Parce que quand on est une femme, la maternité, ça nous appartient à nous. Quand on fait des examens, c'est toujours nous. C'est vrai que là, ça a été aussi dur parce que tout le monde qui ai subi les examens. Là, il y a aussi le papa qui est présent. Lui aussi, il a dû faire des prises de sang, il a dû faire aussi deux ou trois trucs. Ça nous aide un petit peu de voir aussi.


Ça t'a aidée.


Qu'il fasse... Oui, même qu'il a fait deux ou trois prises de sang, mais ça aide un peu.


Et qu'il faisait partie du projet.


Qu'il faisait partie du truc. Ça ne me l'est pas tout seul.


Tu parles des fausses couches avec tes copines ?


Oui. Alors maintenant, c'est vrai qu'on en parle de plus en plus, parce qu'au début, c'est un peu tabou, parce qu'on ne faut cacher mes mots. Au début, je n'avais pas trop envie de le dire. Après, petit à petit, j'ai commencé à en parler en me disant que c'est normal, que ça fait partie de notre vie de femme. Et puis, on en parle beaucoup. On est un groupe d'amis. Je pense que sur le groupe de copines qu'on est, on a tous fait des fausses couches.


Et puis, comment elles le vivent, elles ?


Il y en a, elles ont très mal vécu ça, parce que pour elles, c'est un échec. Et puis elles attendaient ça avec impatience. C'était voulu. D'autres, des fois, ça venait entre deux enfants. Alors, là, c'est un petit accident de parcours. Il y a un peu toujours tous les états d'esprit.


Le sentiment, c'est le même que pour toi ? Il manque un accompagnement ? Il manque une écoute ?


Oui, c'est très médicalisé. Vraiment, le mec, il revient. Ça manque de magnétité. J'ai une copine qui avait eu deux fausses couches, elle a dit, mais c'est médicalisé. Ça va pas.


Plus loin. Il y aurait vraiment besoin de remettre de l'humain et de l'humanité dans ce qui se passe.


Et puis d'en parler. De ne pas en faire quelque chose de tabou parce qu'on nous a appris que ça... Il ne faut pas parler de ça. Mais ça fait du bien, entre filles de parler de ça, puis de se rendre compte qu'on vit tous la même chose, puis que ça arrive à tout le monde.


Ça vous permet d'en parler aussi entre vous, de ce que vous avez vécu, et de voir que chacune est différente dans ce qu'elle vit, au.


Travers de ces.


Expériences difficiles.


Oui, puis on vit ça... Moi, j'ai eu un autre parcours que mes amies pour avoir des enfants. Alors quand on annonce une bonne nouvelle, c'est tout en fête qu'on fête l'événement. Quand on a annoncé qu'on attendait la deuxième, tout le groupe de copains, ils savaient par où on était passés, parce qu'on en a parlé. C'était d'autant plus qu'on a fait pleurer tout le monde. Magnifique. C'est aussi ça, quand on a des amis, c'est bien.


On.


Vit ça tous ensemble. On est heureux ensemble, puis on pleure ensemble aussi.


Pour toi, ça, c'est important, vraiment ?


Oui. On est toujours là. On a un groupe de copains. On est là pour les bons moments, faire la fête, mais aussi là quand il faut dire au revoir à aux gens. Se soutenir dans les difficultés. Se soutenir dans les.


Difficultés, oui.


Magnifique.


Et si t'avais un mot pour les mamans qui nous entendent, qui sont passées par là ou qui...


Qu'est-ce que tu leur dirais ? D'en parler, de pas rester seule avec ça à la maison, de croire que... Puis d'imaginer que c'est votre faute ou de pas trop non plus... De pleurer, oui, d'en parler, mais de culpabiliser.


Parce.


Que c'est naturel, ça arrive dans le monde animal, ça arrive partout. Et puis de demander de l'aide quand si le cerveau, il arrive pas à faire son deuil, il faut demander de l'aide. Il ne faut pas rester avec ça. Ou bien pas non plus rester avec des douleurs et puis en parler.


Demander de l'aide, ça sera le mot de la fin. Oui. Oser demander de l'aide. C'est vraiment faire preuve d'humilité que de demander de l'aide quand on n'a pas des fois envie de se montrer faible.


Oui, puis dans cette société où on nous vend quand on va à la maternité ou en gynéco, on nous vend la belle maman parfaite, les jolis cours, la sage- femme a fait nos cours. Et puis que voilà, ce n'est pas aussi facile que ça. C'est un long chemin. Et puis, c'est normal d'être pas parfait. C'est normal. On a chacun notre parcours de vie. On doit accepter. On doit accepter que l'autre, ça n'a pas été aussi facile que moi. Mais, pour beaucoup de choses. Je n'ai pas non plus bien vécu les grossesses, j'ai eu des grossesses difficiles. J'ai été heureuse d'être enceinte, mais j'aimais pas l'état physique. C'est deux choses différentes. D'autres, ils me disaient « Mais moi, j'ai pris un cancer. » On vit différemment les choses. Je crois que c'est le mode- là. Il faut vivre comme avec ce que nous on ressent et puis demander de l'aide quand ça ne va pas. Savoir dire que là, on ne peut pas. Surtout qu'avec les hormones, on ne gère plus rien. On n'est plus nous- mêmes, on n'a plus cette capacité de faire face.


De prendre du recul.


Et c'est normal. Submerger, c'est ça que tu dis ? Non, mais c'est normal d'être dans cet état-là.


La maternité, c'est pas si simple. C'est ça que t'es en train.


De dire.


Oui, c'est pas si simple. Et c'est pas l'image qu'on aime que la société véhicule. Elle correspond pas tout à fait à la réalité.


Oui, c'est culpabilisant pour les mamans, parce qu'on devrait vivre ça comme... C'est un feu d'artifice quand on a notre bébé en bonne santé, puis que tout va bien. C'est extraordinaire. C'est extraordinaire, mais il y a encore à côté. Oui.


Tu es en train de dire qu'il y a beaucoup d'ambivalence.


Il y a beaucoup d'ambivalence, donc ce n'est pas parce qu'on a un bébé en bonne santé qu' on doit péter le feu, puis être heureuse. Être bien. Heureuse, on est, mais être bien. Oui.


Merci beaucoup, Ophélie. Merci. Parentalité au présent est un espace où la parole se libère et les cœurs s'ouvrent. Rendez-vous sur parentalitéau présent. Com et retrouvez- vous dans un des nombreux épisodes disponibles. Restez en lien en rejoignant les abonnés contributeurs et participer aux discussions mensuelles où nous échangeons autour des divers thèmes abordés avec mes invités. Merci pour votre écoute. Je me réjouis de vous retrouver la semaine prochaine.