Comment surmonter la rupture amoureuse et Ă©crire sa propre histoire de vie ?


“Un parent parfait, ça n’existe pas” c’est sur ce postulat que Janick Biselx-Menétrey, médiatrice familiale et coach de vie à Martigny, construit “PARENTALITÉ au PRÉSENT”.

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Podcast proposé tous les dimanches matins à 7h (une semaine sur deux gratuitement), il bâtit un espace où les cœurs s’ouvrent, les chemins de vie se déroulent et la simplicité enveloppe à son écoute.

Au travers des histoires de chacun·e·s, les schémas longtemps restés logés dans l’inconscient sont mis en lumière, les défis de la vie accueillis avec curiosité et présence permettant de sortir des tabous familiaux.

Au fil des épisodes, les récits de chacun·e·s nous apprennent que nous sommes “assez” et nous inspirent à vivre et laisser vivre avec confiance.

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Sujets abordĂ©s durant cet Ă©pisode: base solide avec maman, père absent, première rencontre Ă  6-7 ans et deuxième rencontre Ă  24 ans, première grossesse difficile, corps qui change, fĂ©minitĂ©, maternitĂ©, allaitement long, accouchement naturel, maison de naissance, dĂ©pression post-partum, divorce, place des parents auprès des enfants, collaboration, internet, tchat, maternitĂ©, travail personnel, se relier au fĂ©minin, recrĂ©er une dynamique Ă  3, prendre sa place de mère auprès des enfants, construire une bonne relation avec les enfants, rester correct envers le père des enfants, communication, ancrage, racines, qu'est-ce qui est important, qu'est-ce que je veux ?, qu'est-ce que je fais ? intĂ©grer les enfants au quotidien, responsabiliser les enfants, 

Lire la transcription de l'Ă©pisode

[Texte généré automatiquement]


Ce que ça m'a appris, c'est qu'en fait, ce n'est pas juste parce que je suis maman que c'est quelque chose d'acquis et qu'il faut aussi... Je ne vais pas me dire me battre pour ma place parce que ce n'est pas une histoire, ce n'est pas une bataille, mais juste prendre cette place, d'être vraiment là et puis de moi m'assumer en tant que telle et puis d'avoir une place qui est bien là. Et puis justement, d'avoir le mieux que je peux faire. La seule chose que je peux vraiment changer pour moi, c'est d'avoir une communication parfaite avec elle.


Bonjour, je suis Janique Bizel Ménétré, médiatrice familiale diplômée. Je suis passionnée par le lien relationnel. Je vous propose aujourd'hui, Parentalité au présent, un recueil d'histoires plurielles pour une étape de vie singulière. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Alice. Bonjour Alice. Bonjour. Quels liens entretiens tu aujourd'hui avec tes parents ?


Avec mes parents ? Oh là là ! Mon père est décédé. Je n'ai jamais eu tellement de contacts parce que je ne l'ai pas vraiment connu. J'ai dû le rencontrer deux ou trois fois, comme il habitait loin. Ma mère, par contre, je la vois régulièrement plusieurs fois par mois. Elle n'habite pas à tout près à une heure de route, mais on a quand même un bon contact.


Ça veut dire quoi pour toi avoir un bon contact avec sa maman ?


Pour moi, ça veut dire qu'on peut quand même parler, qu'on n'a pas de conflit entre nous, que je sais que je peux compter sur elle, elle peut compter sur moi. On n'a pas une grande communication sur ce qu'on ressent énormément ou sur ce qu'on peut partager de plus intimes peut être, mais je sais que si j'en avais le besoin, elle serait tout à fait à l'écoute. Je pense que ça fait partie des racines qu'on peut avoir. On sait qu'il y a quelqu'un qui est là pour nous aider, pour nous épauler.


Pour moi, c'est un peu ça. C'est une sécurité en fait. Pour toi, ta maman, c'est ta sécurité, c'est ça ?


Oui. Oui, c'est vraiment, je pense, les racines, l'origine aussi, Ă  quelque part.


En même temps, t'es en train de me dire que t'as cette base avec ta maman, puis que ton papa, tu l'as pas connue. Comment tu le vis ? Quel âge tu as ?


J'ai 38 ans, donc bientĂ´t.


39.39 demain.


Oui, mon papa, ça a été un peu particulier parce que je n'avais pas tellement de contacts. Donc forcément, au départ, vu que je ne le connaissais pas, mes parents se sont séparés quand j'avais à peine une année. Et puis, il vivait vraiment à l'étranger, donc c'était un peu différent. Je ne pouvais pas le voir quand je le voulais. Donc, on n'avait pas un énorme contact aussi, vu qu' il ne parlait pas la même langue que moi, donc ce n'était pas évident.


Voilà, mais forcément, quand on connaît pas, on se fait une idée, surtout quand on est enfant, bébé, etc, on s'idéalise plusieurs choses. Et puis, ma mère est toujours restée assez neutre, elle n'a jamais nous expliqué vraiment son avis sur la personne, on va dire, parce qu'elle a eu quand même un avis assez négatif vu qu'ils sont séparés. Mais elle nous a toujours protégées. Elle est restée très neutre. Elle a toujours gardé contact pour qu'on puisse, si on voulait à tout moment le contacter, même aussi toute la famille de son côté. Elle est restée en contact pour nous. Et puis après, c'est plus tard que ma sœur est allée le rencontrer. Et puis moi aussi. Moi, j'étais déjà adulte quand je l'ai rencontré. On était allés simplement une fois quand j'étais, je pense que j'avais dans les six, sept ans, quelque chose comme ça. On est allé le voir avec ma mère, mais justement, je me souviens peu de lui, de cette rencontre, parce que je pouvais pas lui parler, on pouvait pas tellement communiquer. Et puis on n'est pas restés très longtemps. Donc après, je l'ai rencontré quand j'avais, je crois, 24 ans, quelque chose comme ça.


Ça t'a fait quel effet ? À 24 ans, tu pouvais communiquer avec ? Tu parlais sa langue ou bien ? Oui, oui.


J'avais pu auparavant discuter déjà sur Internet avec lui, c'était déjà les chats et tout ça. Et donc voilà, j'ai pu avoir un peu un contact. Il m'a parlé un peu de quoi tant on était, quand on vivait avec lui là bas, de deux ou trois choses. Et puis je suis allée le rencontrer avec mon compagnon à l'époque, qui, lui, ne savait pas du tout cette langue. Et puis c'était compliqué parce que je me suis dit « Comment est ce qu'ils vont communiquer entre eux ? Ça va être difficile. » Et puis, en arrivant là bas, j'ai rencontré mon père, on a parlé dans sa langue et puis, trois minutes après, il parle à mon compagnon en français.


« Ah !


» donc ça, c'était la grande nouvelle de ma vie. Sur le moment, je me suis dit « Tant mieux, au moins pour mon compagnon, n'est ce pas ? Et lui, ils peuvent communiquer. » Donc je me suis dit « On va pouvoir au moins tous parler en français, c'est très bien. » Je l'ai bien pris. Simplement qu'après, pendant tout le... Je suis restée quelques jours chez lui, mais alors il me parlait à moi dans sa langue et à mon compagnon en français. Donc moi, je n'avais pas le droit au français. Je l'ai un peu vécu comme ça. Je ne l'avais pas le droit pas trop le droit, alors que lui, oui. Donc, pour ça, c'était une des rares choses, je pense, qui me restent un peu en travers de la gorge, effectivement, avec lui.


De quoi ? Qu'est ce qui.


Reste en travers de la gorge ? Pour moi, je pense que je l'ai vécu avec le recul, avec une sorte de déception. Puis après, pour moi, c'était un peu le message. Moi, j'en valais pas la peine, mais mon compagnon, oui, en fait, de parler en français.


Mais il a toujours parlé français ou bien parce que... ? Oui, oui.


Apparemment, oui, parce qu'il l'a appris quand il est venu en Suisse. Et ça, c'était avant que je naisse. Donc, je l'ai découvert un peu tard. Et puis donc voilà. Après, finalement, on a toujours continué à communiquer en salle longue parce que, forcément, il avait un infarctus, il n'arrivait plus très bien à parler français.


Pourquoi tu ne lui as pas posé la question ? Pourquoi le français n'était pas une langue utilisable ? Si ce n'est pas encore le cas et que le cœur vous en dit, soutenez Parentalité au présent en devenant un abonné contributeur. Ainsi, vous recevrez un nouvel épisode toutes les semaines et accédez à l'espace de discussion où nous échangeons autour des divers thèmes abordés avec mes invités. Rendez vous sur parentalitéau présent. Com pour en savoir plus.


Je pense que la période où on se communiquait par tchat de toute façon, il ne savaient peut être pas l'écrire. Ça, je peux bien le conçoire. Après, je l'ai eu une ou deux fois au téléphone auparavant. Il n'avait pas fait l'effort. Il a peut être parlé un ou deux mots de français. Après, on a directement bifurqué sur l'autre langue. Mais ce qui était un peu... Oui, je pense que je l'ai vécu comme ça. Mais à aucun moment, quand j'ai rencontré mon père, je l'ai rencontré encore... Je suis allée retourner là bas, je crois que c'était une autre fois. Je l'ai revu que deux fois, quelque chose comme ça. Mais à aucun moment, j'ai eu l'impression que ça me servira à quelque chose de lui poser des questions. Parce qu' en connaissant un petit peu la personne et en connaissant moi, puis les questions que j'avais, je me suis à chaque fois dit que ça me satisferait pas comme réponse. Donc, j'ai jamais jugé nécessaire de le faire. Parce qu'à chaque fois, quand je l'ai vu, c'était l'histoire de quelques jours et je voulais plutôt profiter de ces jours là pour partager des moments, dans le positif, etc, plutôt que d'aller dans le conflit.


J'aime pas les conflits de façon d'origine. Et puis, j'ai pas eu l'impression d'après, comme j'ai pu aussi le connaître un petit peu à ce moment là. De toute façon, quoi qu'ils me disent, ça aurait pas été utile. Vraiment, je pense que ça m'aurait encore plus déçue. Je préférerais pas ça en fait. C'était plutôt ça. Ça, c'était le rapport avec mon père un peu particulier.


Tu as des enfants ?


Oui, j'ai deux filles.


Elles ont quel âge aujourd'hui ?


Dix et six.


Et puis ça se passe bien avec ?


Oui, ça se passe bien, ça se passe même mieux. Parce qu'au début, je n'avais pas une relation. Je pense qu'elle était assez proche avec ma première.


Ça veut dire quoi ? Ça veut dire quoi d'avoir une relation proche ? Je pense que je t'ai posé la même question par rapport à ta maman avant.


Oui. C'est à dire que je pense que ce soit la grossesse ou les premiers mois, si ce n'est la première année de ma fille, j'étais plus dans le « je m'occupais d'elle », etc, mais je n'ai pas réussi à vraiment créer, je pense, une relation maman/ enfant avec une relation tactile, avec des calants, avec des « je t'aime » aussi, avec des mots doux. Je pense qu'avec le recul, sans qu'on me l'ait forcément dit, mais de moi même, je pense que j'ai dû avoir quand même une dépression postpartum pendant un bout de temps. Ça a été mis à partir du moment où j'ai recommencé à travailler. Ça, c'était après une année, une fois que ma fille avait une année. On s'est toujours aimé quand même, bien sûr. Je me suis toujours occupée d'elle. J'étais contente de l'avoir. Ça, il n'y avait pas de souci, mais je n'ai jamais vraiment construit une relation comme ça. Je n'ai jamais été d'ailleurs auparavant intéressée par les bébés. Moi, quand on me proposait de prendre un bébé dans les bras, je disais non, en direct. Il n'y avait pas d'agitation, ça ne m'intéressait pas trop. Donc je pense qu'il y a eu tout ce travail à faire de la maternité, d'accepter, de m'accepter en tant que maman.


Tout ça, j'ai dû le créer un petit peu plus tard. Parce qu'après, j'ai fait un petit travail sur moi quand même aussi. Et ma deuxième grossesse, ça a été beaucoup plus sympa. J'avais envie d'être enceinte, ce qui était la différence par rapport à la première aussi. J'appréciais le fait d'être enceinte, de pouvoir sentir le bébé bouger. Et puis après, j'étais contente d'avoir un bébé. Alors que c'est vrai que pour ma première, j'étais plus... En fait, mon but, c'était d'avoir un enfant.


C'Ă©tait ton but ou c'Ă©tait le but de ton compagnon de l'Ă©poque ?


Non, non, plutĂ´t.


Le mien. Du papa, du bébé ?


C'était réfléchi à deux quand même.


Vous avez pris cette décision tous les deux.


D'avoir un bébé ? Oui, tout à fait. Simplement, pour moi, je pense, dans ma tête, vraiment, moi, je voulais un enfant. Ce qui m'attirait plus, c'est d'avoir un enfant avec qui on peut partager des choses, etc. Enfin voilà. Toute l'étape grossesse, bébé, je l'avais pas vraiment calculée, je pense. C'était un peu ça.


La différence. Toi, tu imaginais un enfant de quel âge ? Quand tu t'imaginais avec un enfant, c'était un enfant de quel âge déjà ?


Je pense un enfant qui est déjà un petit peu indépendant, avec qui on peut parler. Ce qui serait plus déjà ? Comme elle est maintenant ? Un ou deux ans. Déjà plus. Quand même. Quand même petite. Mais voilà, c'était pas... Ça a été... Tout ça, je peux le dire maintenant parce que c'était avec le recul que je peux dire ça.


Mais c'est magnifique d'arriver à en parler, puis d'arriver à l'exprimer, puis d'arriver à être claire avec ce que tu as vécu. C'est génial. Ça te fait quoi de penser à ça ? Comment tu te sens par rapport à... ?


Je suis contente du chemin que j'ai fait, parce que dans l'absolu, derrière, c'était forcément que je n'acceptais pas forcément ma féminité aussi. Je pense que ça a été aussi un des gros soucis pour le début de la grossesse où d'un coup, j'ai ressenti mon corps qui changeait sans que je m'y attende vraiment. Dans l'absolu, c'était bizarre pour moi d'avoir ce corps qui change sans que je le veuille vraiment, que ce soit.


Quelque chose de moi.


Tu ne maîtrisais pas. Voilà. Et les humeurs aussi, etc. Donc, ce n'était pas évident. Et donc ça a été le début de ce chemin que j'ai eu après sur la féminité, sur la maternité qui était déjà un petit peu fait, ou en tout cas bien commencé pour la deuxième. Et puis c'est pour ça que c'était aussi plus facile.


Oui, tu n'avais juste pas 30 ans, tu avais 29.


28 ans. Pour la première, oui, j'avais 29. Et puis justement, la première grossesse s'est passée un petit peu... Est ce que je pourrais dire une grossesse un peu plus froide, on va dire ? Je ne sais pas. C'est comme ça. Ma deuxième fille, je la vois plus. Et d'ailleurs, c'est le caractère qu'elle a aussi, où elle est beaucoup plus vive, spontanée, souriante. C'est d'elle même petite, elle a commencé à faire des câlins à tout le monde. Donc moi, j'ai créé aussi vite cette relation de câlins, de « je t'aime », d'être contente de la prendre dans les bras et tout ça. Et puis justement, c'est là aussi où il y a eu un décalage avec la première où je n'avais pas cette relation qui était déjà installée avec la première. Et puis la deuxième, oui, parce qu'elle, c'était vraiment spontané, etc. Donc j'ai dû après justement prendre sur moi aussi de moi même aller mieux pour pouvoir après avoir une relation aussi identique avec les deux.


Donc ça, ça veut dire qu' il a fallu attendre que ton deuxième bébé arrive pour que ça fasse bouger ou c'est quand même avant ? Tu dis, j'ai été mieux quand j'ai commencé à travailler. Là, il y a quand même déjà quelque chose qui s'est passé.


Au niveau de... Oui, forcément, au niveau développement personnel, j'ai été voir déjà un thérapeute qui m'a aidée. Oui, entre deux, c'est juste. Oui, exactement. Donc là, ça m'a aidée justement à m'accepter en tant que femme, à un peu plus prendre mes marques dans cette vie là, dans ce nouveau rôle. Et puis, c'est un chemin après que j'ai continué. Et puis, on dit toujours que les enfants n'arrivent pas pour rien. Je pense que la deuxième, elle m'a redonné le sourire quand même, et puis que c'était plus facile. La première m'a aidée à ouvrir les yeux, la deuxième a retrouvé le sourire. C'était plutôt comme ça que je l'ai un peu vécu. Et puis après, ça a continué toujours. C'était intéressant. Après, je te demande de se dire « OK, les choses sont comme ça maintenant, mais il faut quand même que ça évolue, que ça change. » Elle n'a jamais montré ma première fille, de jalousie envers la deuxième ou quoi que ce soit, mais elle était toujours plus proche du papa, évidemment, parce que la deuxième, je l'ai quand même allaitée assez longtemps, pendant presque deux ans. Donc forcément qu'elle était plus souvent vers moi que vers le papa.


C'était vraiment cette relation où la petite était souvent avec moi, la grande avec le papa. Et puis après, il a fallu forcément changer un petit peu ça aussi.


RĂ©Ă©quilibrer un petit peu.


Oui.


Du coup, la première, tu l'avais à l'été quand même, la première ?


Oui, pendant une année aussi. Quand même ?


Oui. Chapeau parce que pour une femme qui a eu de la peine à finalement voir arriver ce bébé, t'aurais pu... Tu vois, ça.


C'est parce que je suis fainéante, en fait. J'avais pas envie de faire des biberons. Non, mais je considérais que c'était aussi bien pour tout ce qui est naturel, etc. J'avais fait aussi un accouchement maison de naissance pour les deux, donc j'ai quand même essayé de faire les choses comme il faut. Pour moi, le naturel, c'était mieux. C'était le naturel, en fait.


Je pense ça a quand même dû aider le fait que tu l'ailles à l'été. Est ce que ça a pas quand même favorisé ce lien et l'attachement que t'as eu de la peine à faire pendant la grossesse ?


Oui, de toute façon, le lien était bien là. Et puis, pendant quand même une année, j'ai pas travaillé. Je sais même pas à partir de quand on l'a laissée garder à quelqu'un d'autre. Je ne pense pas avant six mois ou plus. Mais pour moi, c'était plutôt le fait que c'était mon rôle. Je devais l'assumer aussi. Ce n'était pas forcément quelque chose de très positif. J'avais du mal à la laisser garder parce que j'ai l'impression qu'on m'enlevait mon rôle. Même au début, quand les rares fois où les gens voulaient la prendre dans les bras comme ça, j'avais de la peine. Mais ça, je pense que c'est plus lié à une sorte de dépression postpartum où on est là et puis qu'on se fait des idées de tout ce qu'on doit faire, de tout comme on doit faire les choses. Et puis que là, si on m'enlevait le bébé, ça allait pas.


Tu savais plus Ă  quoi tu servais ou tu.


Savais plus... ? Oui, je pense que c'était ça. C'est moi qui dois m'en occuper. Et puis je pense, il y avait toute une histoire de valeur aussi. Dans le sens où si je le laissais garder à quelqu'un d'autre, ça voulait dire que j'étais une mauvaise mère. Je pense que c'est dans ce sens là aussi quelque chose qui était un peu derrière. Donc c'était pour prouver que je le pouvais ou j'en sais rien. Mais c'était une relation un peu bizarre, je pense.


C'est intéressant, je trouve, de pouvoir l'observer comme ça.


Oui.


C'est vraiment intéressant que ça soit conscient.


Maintenant, ça fait dix ans, j'ai pu y réfléchir. Mais c'est sûr que sur le moment, c'était pas évident. Je me souviens de moments que j'ai eus avec ma grand mère ou avec ma mère où j'étais fâchée. J'étais fâchée parce que ma mère, une fois, je l'avais laissée garder. Ma petite, elle avait, je ne sais plus, six mois ou quelque chose comme ça. Elle avait de la peine à dormir, elle pleurait facilement, mais je l'avais quand même laissée à un moment donné à ma mère. Et quand je suis revenue chez ma mère, ma mère était allongée sur le canapé avec la petite qui dormait sur elle, sur son torse. Et ça m'a énervée, mais vraiment. Parce que je me suis dit « Mais comment elle peut se permettre ? C'est moi la maman, en fait. Vraiment, c'était ça l'impression que j'ai eu. Je me suis dit « Mais c'est moi la maman, tu vas pas me prendre ma place. Dans ma tête, c'était vraiment ça. À ce moment, je me suis énervée, je dirais, c'est bon, je la prends. Mais c'était vraiment le message que j'avais pour moi, c'était ça. Je me suis dit « Mais tu vas pas me voler mon bébé.


Forcément, c'était son premier bébé aussi. La première fois qu'elle était grand mère, donc elle était toute contente de pouvoir s'occuper. Elle voulait surtout être très présente pour m'aider, pour me soutenir. Elle a toujours essayé de me dire « Mais je peux la garder ? »dans une intention tout à fait noble. Mais pour moi, c'était plus « Non, reste à distance, j'ai l'impression que tu veux me voler mon bébé. » Il y avait un petit peu de ça. Et puis après, deux, trois... C'est pas évident aussi. À partir du moment où on devient maman, qu'on réalise qu'on n'est plus... Moi, j'étais toujours la dernière de la famille, donc j'ai toujours été la dernière petite envers ma grand mère, ma mère, etc. Et après, on passe à... On n'existe plus. Il y.


A le bébé. Voilà.


Donc il y a eu ça aussi. Il y a eu plein de choses comme ça aussi à gérer, qui sont totalement... Quand on se dit c'est bête comme façon de penser, mais c'est des... Sur le moment, avec la fatigue, avec les hormones, avec tout ce qu'on veut, c'est vraiment des messages que j'ai reçus comme ça.


Oui, et puis je pense que c'est même pas une manière de penser, c'est des réactions qui arrivent toutes seules, qui sont complètement inconscientes.


Oui, exactement.


C'était assez étonnant. Et pour ta deuxième, c'était plus simple de la laisser ou ça a été pareil ?


Oui. Non, c'était plus facile. Puis après, elle était aussi plus facile dans le sens où justement, elle pleurait moins. C'était plus facile, justement, de la laisser aux gens parce qu'elle était plus facile à vivre aussi. En même temps, je dis facile à vivre, mais je sais très bien que je pense que pendant une année avec ma première, je devais tirer la tête tout du long, donc ça ne devait pas être facile pour elle non plus. Mais la deuxième, oui, c'était plus détendu pour tout le monde. Et puis surtout pour moi, vu qu'il y a un lien direct avec elle par la lettre non, je pense qu'elle a aussi ressenti t. Elle devait être plus détendue aussi pour ça. Après, je m'en suis quand même bien occupée pendant quatre, cinq mois, pratiquement que moi. Mais après, j'ai recommencé le travail après six mois, je crois. J'ai recommencé le travail et puis du coup, forcément, la distance se fait, elle est gardée par d'autres, elle avait totalement confiance, donc c'était OK. C'était ça, des belles différences.


Et puis aujourd'hui, comment ça se passe avec ces grandes filles ? Dix ans et puis six ans, tu m'as dit.


Oui, oui, oui. Maintenant, ça va vraiment bien. Pour moi, en tout cas, je trouve que ça va vraiment mieux parce que je suis mieux moi même avec elles. Et du coup, avec les deux, on a la même relation, justement, de câlins, de « je t'aime », de pouvoir parler, etc. Je vois bien la différence.


Avec la période où elles étaient plus petites, c'est ça que tu dis ?


Oui, exactement. Oui, exactement. Et surtout parce que moi, je peux aussi beaucoup plus apprécier justement mon rôle de maman. J'arrive mieux à m'épanouir là dedans. Alors qu'avant, c'était toujours, j'éduquais les enfants, je leur faisais à manger, je les gérais, mais je n'avais pas vraiment de plaisir à rigoler avec elles, jouer avec elles. Je n'arrivais pas à juste m'asseoir, faire un jeu, parce qu'à chaque fois, moi aussi, je me disais, il faut que je fasse le ménage, la lessive, plein de choses qui faisaient que je n'arrivais pas à juste profiter de ce moment là avec elles. Alors que maintenant, j'arrive beaucoup mieux même à faire des grimaces avec elles, à être plus vivante, plus enfant aussi avec elle. C'est vraiment intéressant aussi de.


Voir cette différence. Qu'est ce qui a provoqué le déclic ?


Je pense qu'il y a aussi le... Déjà, je me suis séparée du papa et puis j'ai continué mon travail sur moi, ce qui fait que je me suis retrouvée seule avec les deux. C'est là où j'ai dû réaliser cette différence qu'il y avait entre les relations que j'avais avec l'une et avec l'autre et que je me suis dit « Non, mais il faut que ça change, que ça aille mieux. Parce que forcément, au début, ce n'était pas toujours évident. Parce que la grande avait toujours eu son papa à côté. Maintenant, elle n'avait plus qu'un seul adulte et puis c'était maman qui était souvent avec la petite. Alors, il a fallu recréer une dynamique à trois. Et puis aussi, ce qui m'a aidée, c'est une amie qui m'a parlé une fois de ses enfants. Elle était aussi séparée, divorcée du papa. Et puis, elle m'a expliqué que ses enfants adolescents, le premier a décidé d'aller vivre chez le papa. Et ensuite, le deuxième a été faire des vacances quelques mois après chez son père et a appelé après en disant « Écoute, je ne veux plus revenir chez toi. »alors qu'apparemment, le père avait une nouvelle amie et les deux étaient assez manipulateurs, à souvent dire des choses assez négatives sur la maman, etc.


Et puis du coup, voilà, les deux enfants sont partis chez leur père. Elle m'a dit « Mais j'ai adoré sa façon de voir les choses. » Elle m'a dit « Mais moi, je suis toujours restée correcte avec justement le papa, la copine du papa. » Et je me suis dit « Là, ils sont partis, ils vont faire leurs propres idées. » Mais ce que ça m'a appris, c'est qu'en fait, c'est pas juste parce que je suis maman que c'est quelque chose d'acquis et qu'il faut aussi... Je vais pas me dire « me battre pour ma place » parce que c'est pas une histoire, c'est pas une bataille, mais juste prendre cette place, d'être vraiment là et puis de moi m'assumer en tant que telle et puis d'avoir une place qui est bien là. Et puis justement, d'avoir le mieux que je peux faire. La seule chose que je peux vraiment changer pour moi, c'est d'avoir une communication parfaite avec elle. Parfait, ce ne sera jamais, mais vraiment de faire le nécessaire pour ce que je pense qui est bien pour elle, de parler avec elle, de créer vraiment un bon lien. Et puis ça, c'est quelque chose, je pense, qui m'a aidée aussi là dedans, de me dire « OK, même si on est séparés, il y a toujours le papa qui est là, qui gère beaucoup les filles aussi, etc.


Mais j'ai le droit aussi de moi, si je pense que quelque chose est bien pour mes filles, c'est moi la maman, c'est moi qui suis là. » Et puis on prend cette place là. Et puis je ne sais jamais de quoi sera fait le lendemain. Parce que peut être qu'effectivement, un jour aussi, mes filles, c'est l'image que je me suis faite, peut être qu'aussi quand elles seront adolescentes, elles voudront aller chez leur papa. Parce que c'est peut être plus cool, parce que c'est peut être... Je n'en sais rien. Mais tant que j'ai réussi le mieux que je peux faire, la seule chose que je peux faire, c'est justement construire une bonne relation au départ avec elles, leur expliquer les choses, s'il y a des différences qu'elles voient ou quoi que ce soit, et de rester très correcte aussi envers le papa, etc. Donc, de rester le plus possible dans le positif et dans la communication pour avoir cette relation de base qui est aussi pour elle, justement, un ancrage, des racines, quelque chose qui soit vraiment assez fort. Ça m'a aidée, justement, aussi à me dire « OK, je suis là. Je suis là pour elle.


Si je veux ĂŞtre un bon soutien pour elle, il faut que je me donne les moyens de l'ĂŞtre.


» C'est vraiment « Qu'est ce qui est important, qu'est ce que je veux et qu'est ce que je fais ?


».


Et là, ça se dessine tout seul. Tu vas laisser tomber ton ménage pour aller jouer avec tes filles, si j'entends bien.


C'est sûr que maintenant, ce n'est pas encore là où je vais m'arrêter pendant deux heures de temps pour jouer et puis qu'après, l'appartement est dans un désordre pas possible, mais beaucoup plus. Et puis même si maintenant j'ai des choses à faire quand même, j'essaie de les intégrer, au pire des cas, dans ce que je fais, pour qu'au moins, on soit ensemble à le faire. Si je n'ai pas le choix. Donc, on puisse partager plus de temps aussi ensemble, effectivement.


Et puis, ça responsabilise. Il y a plein de bons côtés d'intégrer les enfants dans les choses du quotidien, dans les activités du quotidien.


Oui, c'est vrai. En plus, comme elles aiment bien faire la cuisine, des fois, je leur demande « Toi, tu fais ça ? Moi, je fais ça ? » Puis on est les deux à côté de la cuisinière, on fait nos petites choses et puis elles aiment bien. C'est vrai que quand je rentre le soir du boulot, j'ai pas forcément toujours le temps de passer vraiment du temps en face à face avec elles, etc. Mais si elles peuvent être là à côté de moi en train de faire une partie du souper. Et puis après, je vais pas m'aider à plier les chaussettes, n'importe quoi, mais au moins on le fait à deux. Et puis on discute. C'est un partage aussi.


On discute et puis, c'est super.


Donc voilĂ , j'essaye de faire au mieux. Merci Alice. Merci Ă  toi.


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